Oasis Citadine : le Facebook des jardiniers urbains

Oasis Citadine : le Facebook des jardiniers urbains

De retour d'un stage en Espagne, Sébastien Girault se lance dans l'aventure de l'agro-agriculture. Son idée: mettre en relation des passionnés de jardinage résidant en ville. Le jeune entrepreneur a participé à la Battle finale de l'édition 2016 de la Social Cup, dont Socialter est partenaire cette année.

De la Banque Publique d’Investissement (BPI) à l’agriculture, il n’y a qu’un pas. Sébastien Girault a travaillé pendant deux ans pour l’organisme à Montpellier (Hérault). Auparavant, il étudiait dans une école de commerce. Lors d’un de ses stages, il s’envole pour l’Espagne et découvre l’écologie et la permaculture. “Avant je ne m’étais jamais intéressé au jardinage”, confie-t-il. “Travailler à plusieurs, avec cet esprit collaboratif et découvrir de nouvelles techniques, tout cela m’a donné envie de poursuivre dans cette voie”.

De retour dans le Sud, il souhaite créer un potager mais butte sur un obstacle de taille: la vie en ville. “À part son petit balcon où on peut faire quelques pots, il est très compliqué de mettre les mains dans la terre”. Lui vient alors un concept : les citadins doivent pouvoir partager un terrain et produire leurs propres fruits et légumes.

Mais cette idée a mis du temps à mûrir, Sébastien Girault se concentrant en premier lieu sur ses études. Pourtant, l’agroécologie n’est jamais bien loin: “j’ai réalisé mon mémoire de fin d’études sur la viabilité des fermes agroécologiques. Cela m’a permis de connaître l’environnement et les techniques sur des cultures de petites surface.” L’étudiant doit en effet tout apprendre dans ce domaine. Pour cela, il va traverser l’Atlantique.

Potagers collaboratifs


Sébastien Girault décolle direction l’archipel de Cuba en 2015 où il va étudier pendant un mois les micro-fermes. “Là-bas, les fermes sont totalement naturelles, aucun produit phytosanitaire ou produit dérivé du pétrole n’est utilisé. Tout est fait à la main et biologique”. Il décide de ramener ce concept en France et nomme son projet
Oasis Citadine. Pourquoi ce nom? “Parce que nous créons des lieux de vie, comme des oasis, au milieu de cette ville qui pourrait être comparée à un désert avec ses murs de béton”.

Son idée? Mettre en place des fermes urbaines agro-écologiques, qui produisent fruits et légumes biologiques. Pour cela, il compte trouver des lieux à aménager en potagers collaboratifs où les citadins pourront venir cultiver leur terre en groupe, quand ils le souhaitent. Les récoltes seront partagées entre ses membres qui pourront donc cuisiner leur propre production. Mais pour en arriver là, la route est encore longue.




À la fin de son contrat à la BPI, il refuse une prolongation pour se consacrer à son projet. “L’idée n’était pas de devenir agriculteur mais de créer un concept pour rapprocher les citadins du monde agricole”. Il constitue alors un réseau de spécialistes : producteurs, concepteurs de jardins partagés…

À cette époque, Sébastien Girault anime la communauté MakeSense à Montpellier et prend connaissance Social Cup. “Je m’y suis inscrit pour gagner un peu de visibilité. C’est toujours valorisant de participer à ce type de concours, il y a un certain challenge à défendre son projet”. Son projet lui permet de participer à la finale en janvier 2017 après avoir remporté la SenseFiction de Montpellier.

Comme tout participant à la “Battle Finale”, il bénéficiera dans la foulée d’une campagne de crowdfunding sur KissKissBankBank, ainsi qu’une somme de 500€ offerts par la Banque Postale. Son projet parvient à collecter plus de 9.000€ -- un véritable succès puisque l’objectif initial était de 5.000€. “Cette somme nous a permis de réaliser une première version du site, mais aussi acheter le matériel nécessaire pour constituer des ateliers afin de sensibiliser à l’agro-écologie. Aujourd’hui, nous finalisons le développement d’une micro-ferme éphémère que nous pourrons déplacer sur des événements”.

Ateliers do it yourself


Rapidement, il se heurte néanmoins à la difficulté de “trouver les espaces suffisamment grands pour aménager notre première ferme urbaine”. Pour décrocher le sésame, l’entrepreneur se tourne vers des partenaires privés (particuliers ou entreprises). Il est accompagné aussi par Alter’ Incub, un incubateur montpelliérain qui met à disposition un espace de coworking.

Une fois un terrain obtenu, Sébastien Girault doit encore mettre en relation les citadins. Pour cela, il se sert de son site comme d’un réseau social: “l’utilisateur peut créer son jardin, son album photos en ligne, indiquer les fruits et légumes qu’il cultive ; mais aussi se connecter avec les jardiniers de la région pour partager différentes expériences autour du potager.

L’objectif désormais? Se servir de cette première micro-ferme éphémère afin d’agrandir la communauté d’Oasis Citadine qui compte actuellement une centaine de personnes. “Nous allons inciter les personnes qui découvrent notre ferme à s’inscrire sur le réseau social. ensuite nous allons organiser des événements, comme des ateliers do it yourself et des formations sur l’agro-écologie”.



Avis aux retardataires: les inscriptions sont toujours ouvertes sur le site de l’événement.

Liste des prochaines ScienceFictions :

2 décembre: Paris (SenseSpace), Lyon (La Cordée Jean Macé), Marseille (Smack Coworking), Toulouse (Lab’Oïkos).

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