Le Temps Presse: des courts-métrages pour sauver le monde

Le Temps Presse: des courts-métrages pour sauver le monde

Le Temps Presse est un festival de courts-métrages de fiction qui abordent directement ou indirectement les Objectifs du Développement Durable de l'ONU. L'édition 2017, qui se déroulera début décembre, sera co-présidée par le célèbre réalisateur Win Wenders et Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006. Nous avons rencontré Marc Obéron, fondateur du festival.

Comment est né le film 8, à l’origine du festival Le Temps presse?

Nous avons pris les huit thèmes des Objectifs du Millénaire pour le Développement de l’ONU (qui sont ensuite devenus les 17 Objectifs du Développement Durable) et les avons proposés en carte blanche à de grands réalisateurs dont Jane Campion et Wim Wenders. Malgré son choix d’arrêter le cinéma pendant quatre ans pour s’occuper de sa fille, Jane Campion m’a contacté car elle avait entendu sa fille Alice discuter avec ses copines et l’une d’elle a dit “vu l’état dans lequel nos parents sont en train de nous laisser la planète, ils peuvent toujours courir pour qu’on s’occupe d’eux plus tard”. Elle voulait tourner son court-métrage tout de suite, en Australie et avec sa fille comme actrice. Ça a été le premier des huit court-métrages qui ont composé 8, le premier long-métrage acheté par Youtube.
 



Comment le festival est-il devenu la suite du film 8?

On voulait garder contact avec le public du film et voir comment on pouvait continuer à s’intéresser à ces sujets avec eux. On a alors eu l’idée de faire un festival dont les réalisateurs de 8 seraient les jurés et  où chacun serait invité à partager sa perception du monde d’aujourd’hui.

 

Quels sont les grands thèmes qui ressortent des presques 1.300 films visionnés ?

Quand quelqu’un fait son premier court-métrage, 9 fois sur 10 c’est sur un sujet de société, qui l’a touché personnellement, comme l’égalité femme-homme. Aussi, on est dans un monde aujourd’hui où les gens émigrent vers d’autres pays et doivent apprendre la culture locale tout en conservant la leur. Cela crée des situations compliquées qui se retrouvent pas mal dans les films. Des thèmes plus ponctuels se détachent aussi. Par exemple, les deux premières années on avait reçu beaucoup de courts-métrages sur le SIDA.
 


Qu’est-ce que le numérique a changé à la création de courts-métrages?

Internet a donné accès au cinéma à beaucoup de personnes qui ne sont pas du métier. Avant, il y avait une sorte de monopole, certains n’arrivaient pas à produire ou à être diffusés. Cet éclatement fait apparaître une autre économie, il faut faire des films différemment. Un autre aspect est qu’aujourd’hui, n’importe qui peut aller à la FNAC et acheter un matériel professionnel pour tourner, monter et diffuser des vidéos.

 

N’importe qui peut donc devenir réalisateur?

Je me souviens qu’il y a 3 ans, on a reçu un film d’anticipation tourné dans le métro aérien au Japon, qui soulevait la question du nucléaire. À la remise des prix, quelqu’un a demandé au réalisateur, quel était son prochain projet et il a répondu qu’il était postier en Allemagne, qu’il a tourné ce film pour s’amuser et qu’il n’avait pas du tout envie de faire du cinéma. Il y a des gens qui ont du talent pour faire des films, après ils peuvent en faire un hobby ou l’exploiter.

Crédits photos © :  Amine Zghal Déclic TMSP Le Temps Presse

 

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