Cette start-up imagine une nouvelle assurance solidaire

Cette start-up imagine une nouvelle assurance solidaire

Socialter, en partenariat avec MakeSense, vous propose d'aider une initiative sociale à relever le défi qu'elle s'est lancé. Ce mois-ci, découvrez Solidaire Assur, une start-up du Nord qui propose une complémentaire santé abordable pour les plus fragiles.

Retraite peut souvent rimer avec pépins de santé. Un constat fait par un ancien collègue de Guillaume Delecourt, qui l’a alerté sur la situation des retraités de son village, lesquels peinaient à trouver une complémentaire santé ou à la régler. "N’ayant plus de prise en charge de leur employeur, elle leur revenait beaucoup plus chère", souligne le cofondateur de Solidaire Assur.

Forts de leur expérience professionnelle dans le secteur de l’assurance, Guillaume Delecourt et son associé Hervé Comot ont analysé pourquoi une mutuelle revenait moins chère via son entreprise. "Il y a la dimension collective des contrats souscrits et la part prise en charge par l’employeur." Les retraités n’ayant plus d’employeur, les deux assureurs se sont concentrés sur la dimension collective, avec une négociation d’assurance santé en groupement. "Tout le monde y gagne : l’assureur qui ne gère qu’un seul contrat et les assurés qui bénéficient de tarifs négociés et donc moins chers de près de 25 %. Solidaire Assur propose en moyenne 500 euros d’économies par an et par personne, à garanties identiques", précise Guillaume Delecourt.

Co-construction


Solidaire Assur a démarré son activité en 2016 à Marcq-en-Barœul. Avec deux salariés et la volonté de "
remettre en avant la dimension de solidarité dans les assurances". La start-up entend proposer des solutions à tous les publics isolés et pas seulement aux retraités qui, certes, "paient en moyenne 1 380 euros par an et par personne pour leur mutuelle quand leur pension moyenne s’élève à 1 376 euros [en brut, soit 1 283 euros en net] par mois (1)". Auto-entrepreneurs, indépendants, chômeurs, personnes en situation de handicap ou étudiants font partie des publics ciblés. Teddy Dekimpe, en charge du développement commercial, a ainsi rencontré Barthélémy Marsac, le référent MakeSense à Lille, pour monter un hold-up en avril dernier autour de la question de la complémentaire santé pour les étudiants. "On constate une inadéquation des produits au mode de vie des étudiants qui, souvent, ne sont pas au courant des garanties proposées. On voulait réfléchir à la prise en compte des séjours à l’étranger, des périodes de césure ; à un accompagnement via le digital ; à une sensibilisation sur les garanties, etc. "Tout ça dans une démarche de co-construction (ateliers, rencontres) en travaillant également sur les thématiques des déficients visuels, des coursiers à vélo... 

À ce jour, Solidaire Assur compte parmi ses clients des entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) et une grosse association, Assurance & Solidarité, qui comprend près de 400 adhérents. "Pour cette association, nous avons négocié trois formules de garanties auprès d’assureurs mutualistes, à partir de 43,27 euros par mois. En comptabilisant les adhérents et leurs ayants droit, nous en sommes à 692 souscriptions", souligne Guillaume Delecourt.

En phase de croissance, Solidaire Assur n’a pas encore opté pour une campagne de financement participatif, mais ne l’exclut pas. Son défi aujourd’hui ? "Se faire connaître, faire en sorte que le grand public prenne conscience que le collectif peut permettre de regagner du pouvoir d’achat, de mieux se soigner et aller à la rencontre de ceux qui ont du mal à boucler leurs fins de mois", précise Teddy Dekimpe. Chez Solidaire Assur, l’union fait la santé.

Note :

(1) Selon une étude de l’Agefi parue en 2015.

Photo : © Solidaire Assur / DR

Un article à retrouver dans le numéro 24 de Socialter, toujours disponible en kiosque et sur notre boutique



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