Entrepreneuriat :

Entrepreneuriat : "parmi les freins principaux, le manque de temps et de confiance en soi"

Manque de temps ou d'argent, problème de confiance en soi... Les freins à l'entrepreneuriat sont multiples. L'association Ticket for Change a lancé un programme d'accompagnement à destination des porteurs de projet, pour les aider à se lancer. Rencontre.

Alban de Crémiers en est sûr. “L’entrepreneuriat, Benjamin et moi, on l’a dans le sang”. Avant de lancer ensemble leur projet, les deux jeunes hommes de 26 ans travaillaient en banque d’affaires et dans la publicité. “Nous n’étions pas satisfaits dans des métiers que nous voyions comme ‘égoïstes’, on voulait entreprendre, avoir de l’impact”. Ils fourmillent d’idées. Et l’une d’entre elles prend le pas : “on trouvait incroyable qu’en 2017 le problème de l’accessibilité à un médecin existe encore”.

Leur projet : Feelae, une application Web et mobile qui permet “de consulter un médecin en ligne grâce à la visioconférence et d’obtenir rapidement un avis médical sans avoir à se déplacer”. Et ce, alors que les zones de désertification médicale, notamment en milieu rural, se multiplient. Feelae a vu le jour mi-août, après des mois de travail. “L’un des freins pour la lancer, c’était principalement l’aspect légal. C’est très complexe de comprendre ce qu’il est possible de faire ou non”.

94% des Français auraient envie d'agir



Il a suivi le programme de l’association Ticket for Change, qui organise chaque année un parcours d’accompagnement d’une durée de six mois pour passer d’une idée à une “solution expérimentée et validée sur le terrain”. Les participants : des “entrepreneurs du changements” sélectionnés par la structure, c’est-à-dire des individus qui cherchent “à résoudre un problème de société (...) en développant un projet avec un modèle économique pérenne”.

L’année dernière, une étude conduite par Occurrence pour Ticket for Change concluait que 94% des Français ont envie d’agir, notamment sur l’environnement et la santé, à travers leur cadre personnel, associatif ou encore professionnel. Mais, toujours selon cette étude, seul 1 Français sur 5 aurait déjà réalisé une action concrète. “Nous avons identifié plusieurs leviers qui empêchent ce passage à l’action”, explique Adèle Galey, l’une des cofondatrices de Ticket for Change. Les principaux : le temps ou encore la confiance en soi. 


Ateliers et rencontres



C’est pourquoi, pendant 12 jours, les participants au programme d’accompagnement de Ticket for change participent à un “Ticket tour”. Pendant dix jours, ils voyagent à travers la France en bus pour découvrir des solutions locales, rencontrer des “pionniers inspirants” ou encore suivre des ateliers. “Parfois, certaines personnes manquent de compétences pour se lancer. On leur donne quelques outils en leur expliquant comment monter leur business model par exemple”, précise Adèle Galey.

Autre frein possible : le financement. Anne Malouli-Dohr, médecin de 40 ans, voulait créer un lieu physique pour accompagner les personnes qui s’occupent de leurs proches de plus de 60 ans “en leur proposant des services répondant à leurs besoins et assurés par des professionnels”. Mais “ça aurait représenté un trop gros investissement financier”, constate l’entrepreneuse. Le Ticket Tour ? "Cela m'aide à redéfinir où je vais".

Hubert Motte
, 24 ans, mentionne lui aussi la dimension financière comme obstacle possible à l’entrepreneuriat. “Ce n’est pas facile de choisir entre le schéma d’un salaire régulier et l’aventure de monter sa propre entreprise”. A la fin de ses études d’ingénieur, il a passé quelque temps en Colombie. “Je me suis retrouvé à faire des animations dans des bidonvilles, dans un environnement où beaucoup de gens vivaient dans un cadre difficile”. Un milieu où les déchets s’entassent, et où la situation sociale lui donne envie de s'investir.

Alors, une fois diplômé, il choisit de monter “La vie est belt”, une marque de ceintures en matière recyclée fabriquée par des hommes et des femmes sans emploi en région lilloise - “c’était plus facile ici qu’à l’étranger”. Les premières ventes ont permis d’écouler tout le stock préparé par le jeune homme. “Je suis très content de ce que je fais aujourd’hui, malgré les difficultés”, explique Hubert Motte : "avoir le soutien de mes proches m'a beaucoup aidé". 

 

"Avec le Ticket Tour, on veut leur donner confiance"



“La dimension sociale est très importante dans le passage ou non à l’action : on peut être taxé d’idéaliste, ou alors avoir peur de la solitude”, indique Adèle Galey. Après leur Ticket Tour, tous les participants du parcours entrepreneur n’ont pas créé leur entreprise. Diplômé d’une école de commerce et impliqué dans les questions d’éducations, Jean-François Berne a par exemple décidé de devenir professeur de maths et sciences chez “Fondation Espérance banlieues”, une structure qui favorise le développement d'écoles indépendantes de qualité dans les banlieues françaises. Une autre façon d’agir : “on peut avoir un vrai impact social sans forcément créer son entreprise”, assure Adèle Galey.


Agenda : soirée de clôture du Ticket Tour à Paris : "L’énergie d'entreprendre au service de la société !". Le Ticket Tour termine sa 4ème édition le 1er septembre à 19 heures. La soirée de clôture aura lieu au Studio 104 de la Maison de la Radio. Seront présents : Marie Trellu-Kane, fondatrice d' Unis-Cité, Saïd Hammouche, fondateur de Mozaïk RH, et Frédéric Bardeau, fondateur de Simplon.co. Infos et inscriptions : http://bit.ly/SoireeParisTfC17

Images : Ticket for Change - Copyright Laeticia Striffling

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