Voici quelques gestes simples pour protéger ses données en ligne

Voici quelques gestes simples pour protéger ses données en ligne

Très convoitées, les données personnelles seraient devenues le "nouveau pétrole" -celui du XXIe siècle. Les grandes entreprises du web ne sont pas les seules à vouloir les récupérer : les escroqueries et les usurpations d'identité en ligne se multiplient. Voici quelques conseils élémentaires pour protéger vos données.

“C’est une expérience très douloureuse”. Sarah est toujours fébrile quand elle évoque son ancien compagnon. Depuis leur séparation il y a quelques mois, il fait vivre un cauchemar à cette éducatrice de 28 ans, en utilisant ses données personnelles : “il a créé un compte sur Facebook avec mon nom et mon prénom, en mettant des photos de moi en soirée”. L’objectif, selon elle : nuire à sa réputation, en tant que jeune femme musulmane.

Philippe, lui, n’a pas été victime d’une revanche amoureuse mais d’une tentative d’escroquerie. L’année dernière, alors que ce Normand cherchait un appartement à Paris pour sa fille, il trouve la perle rare sur une plateforme de petites annonces : un logement dans le XIIIe arrondissement de Paris, “qui correspondait en tous points à nos attentes”. La personne qui a posté l’annonce lui explique recevoir un nombre de demandes important et faire une pré-sélection grâce aux dossiers des locataires potentiels. Sans se méfier, Philippe lui envoie une photocopie de sa carte d’identité, d’un RIB, d’un avis d’imposition et de ses trois derniers bulletins de salaire.

 

"Je ne me suis douté de rien"



“Des documents très classiques, rien d’étrange… sauf quand le loueur m’a répondu en seulement 24-48h que l’appartement était loué… ça m’a paru très rapide”, explique-t-il. L’affaire en reste là. Mais quelques mois plus tard, plusieurs banques le contactent successivement pour dire qu’un prêt - qu’il n’avait jamais sollicité - lui était accordé. Il finit par porter plainte et par réaliser plusieurs démarches pour qu’aucun crédit ne puisse être sollicité en son nom : “ce qui m’a sauvé, c’est le professionnalisme des boîtes de crédit qui m’ont contacté via mon employeur”.  

Tous n’ont pas cette chance : les tentatives d'escroqueries en ligne et d'usurpations d’identité se multiplient. Autant de cas relayés dans la presse : les utilisateurs de Google ont par exemple été la cible d’une attaque de phishing d’envergure il y a quelques mois, visant à récupérer leurs données personnelles. Difficile d’estimer le nombre de personnes flouées : toutes les victimes ne déposent pas plainte. Mais selon un rapport généré à partir des données de la police londonienne, le nombre de fraudes lors de réservations de vacances, de billets d’avion ou encore d’hébergement aurait explosé de plus de 20% en un an : plus de 6000 voyageurs auraient ainsi perdu 7,2 millions de livres sterling.  Au risque de répéter des conseils qui apparaissent comme évidents, plusieurs stratégies élémentaires permettent de limiter les risques.

 

Limiter l’accès à ses données personnelles sur les réseaux sociaux

 

“Maintenant, j’ai limité l’accès à mes photos”, indique Sarah. Son ancien compagnon puisant dans les photos de son compte Facebook pour alimenter un faux compte, la jeune femme a préféré ne plus prendre de risques. En effet, plus une personne donne accès à ses données, plus elle est vulnérable, et ce dans tous les aspects de sa vie : de la création de faux comptes Facebook au recruteur qui va "enquêter" sur des candidats avant de choisir qui embaucher. Il suffit d’aller dans les paramètres de confidentialité du réseau social pour limiter l’accès à ses informations. De plus, n'hésitez pas à utiliser des pseudonymes sur les réseaux sociaux.



 

Se méfier de tous les messages reçus par mail ou sur les réseaux sociaux



Qui n’a jamais reçu un message troublant d’un ami sur Facebook, expliquant avoir besoin d’un virement urgent ? Ou un mail de sa -prétendue- banque lui demandant des informations personnelles ? Les tentatives de ce genre -dites phishing- sont très banales désormais. Plusieurs indices peuvent permettre de démasquer une arnaque : mauvais orthographe, adresse mail non standardisée dans le cas d’un organisme officiel ou d’une entreprise, différence de présentation, impossibilité de contacter la personne au téléphone… De la même façon, il est préférable de ne pas envoyer des documents personnels en ligne à des personnes inconnues, même si les échanges avec elle par Internet inspirent confiance.

 

Privilégier les réseaux wi-fi et les sites sécurisés

 

Il est risqué d’utiliser un wi-fi public. De la même façon, évitez d’utiliser, notamment pour les paiements en ligne, des sites dont l’adresse ne commence pas par "https://". Il est plus sûr de privilégier des applications officielles et reconnues. Et, avant de donner toute information à un site web : réfléchissez bien aux conséquences de laisser telle ou telle donnée personnelle sur un site web.

 

N’oubliez pas les mots de passe !

 

Si votre portable venait à être volé, on pourrait sans doute récupérer nombre de vos données personnelles. Veillez à le sécuriser par un mot de passe, et de manière globale actualisez vos mots de passe régulièrement. Choisissez des mots de passe suffisamment complexes pour qu'ils ne puissent pas être retrouvés facilement.

 

Il s’agit de conseils basiques mais rarement mis en oeuvre intégralement. A garder en tête : sur internet, il est difficile - voire impossible - de sécuriser pleinement ses données, mais autant ne pas faciliter la tâche de celui qui voudrait récupérer vos informations personnelles. D’autant plus que le phénomène pourrait s’accentuer dans les années à venir.

Pour lutter contre cette tendance et faciliter l’efficacité des enquêtes, une nouvelle mesure a été prévue fin 2016 par l’ancien gouvernement : “Vous pourrez déposer plainte en ligne ou procéder à un signalement pour les usages frauduleux de cartes bancaires sur internet. Vous n’aurez plus, ni à attendre pour déposer plainte, ni à répéter plusieurs fois les circonstances de votre préjudice à l’administration”. L’échéance : 2018.


Image : facebook, Hamza Butt, juin 2017, FlickR, CC

 

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