L'Institut Curie fait appel à l'intelligence artificielle pour accélérer la recherche en cancérologie.

L'Institut Curie fait appel à l'intelligence artificielle pour accélérer la recherche en cancérologie.

En mai dernier, l'Institut Curie, acteur majeur de la lutte contre le cancer, a signé un partenariat avec une start-up spécialisée dans l'intelligence artificielle pour développer un logiciel spécialisé en cancérologie. L'intelligence artificielle (IA) sert déjà dans de nombreux domaines. La prochaine révolution sera-t-elle dans le secteur de la santé?

Voilà plus de dix ans que l'institut Curie accumule des dossiers médicaux entièrement numérisés, une gigantesque base de données jusqu’ici inexploitée. Transmise à la start-up Owkin, elle devrait enfin être disséquée dans les mois qui viennent grâce à l'analyse automatique de machines à même de comparer des cas médicaux similaires. L’objectif? Mieux comprendre le développement des différentes pathologies et anticiper les réactions de chaque patient aux traitements. 

Capables de traiter des tonnes d’informations bien plus rapidement que l’être humain, les machines accompagnent aujourd’hui les médecins dans certaines tâches. C’est dans cette voie que Thomas Clozel, ancien chef de clinique en hématologie et chercheur à Weill Cornell, s’est engagé en lançant la start-up OWKIN en septembre 2016, désormais installée à Paris et New York. Avec son comparse Gilles Wainrib, ex-maître de conférences en informatique appliquée à l’École normale supérieure (ENS), il veut inventer une intelligence artificielle et collective pour résoudre les problèmes les plus complexes auxquels la médecine est confrontée. 

Qu’on se rassure, l’objectif n’est pas de remplacer les médecins par des robots mais bien de leur faciliter la vie. Concrètement, OWKIN a recruté une équipe de data scientists – des ingénieurs en gestion et analyse de données massives – qui développent des calculs prédictifs. Ils permettront, à terme, d’accélérer et améliorer la découverte de médicaments, de la fixation de la molécule sur un récepteur à la prescription de traitements dans les services de médecine spécialisée. «Quand il faut prescrire un traitement, les avis de plusieurs médecins se confrontent et cela peut prendre du temps. Les algorithmes vont permettre d’y voir plus clair et d’aboutir à un résultat plus précis. Le but est de réduire les nœuds, c’est-à-dire les désaccords, et de visualiser des patients similaires», explique Thomas Clozel. Pour ce faire, les machines accumulent et hiérarchisent par apprentissage automatique – ou machine learning – de prodigieuses quantités de données (sur des molécules, des clichés d’imagerie médicale, des essais...) pour enfin les croiser entre elles par une technologie appelée transfer learning sur lequel se concentre OWKIN. Ces précieuses ressources sont collectées via des hôpitaux, des centres de recherche ou sont directement accessibles en open data. Jeune pousse très prometteuse, OWKIN se concentre en ce moment sur le déploiement de ses softwares et vient d’effectuer une levée de fonds de 2,1 millions de dollars.

Article initialement paru dans le magazine Socialter n°21, publié en février 2017. Photos ©Erwan Floc'h

________

Retrouvez d'autres innovations à impact sur notre page Facebook!



 

 

 

Abonnez vous !
Où trouver SOCIALTER en kiosque ?

TOP 5 stories

  • Une application pour démocratiser la permaculture.

    Une application pour démocratiser la permaculture.

    Depuis les années 70, de plus en plus d'agriculteurs et de (...)
    >
  • Étincelle veut rendre l'innovation accessible aux 15-25 ans de tous milieux sociaux.

    Étincelle veut rendre l'innovation accessible aux 15-25 ans de tous milieux sociaux.

    Auto-censure, manque d’information ou méconnaissance des (...)
    >
  • Il parcourt le monde pour enquêter sur la nature humaine

    Il parcourt le monde pour enquêter sur la nature humaine

    Attablé en terrasse devant une citronnade, le teint (...)
    >
  • Cette moquette qui absorbe l'urine pourrait changer la vie dans les camps de réfugiés.

    Cette moquette qui absorbe l'urine pourrait changer la vie dans les camps de réfugiés.

    Au sol, elle ressemble à une vulgaire dalle en plastique (...)
    >
  • Episode 3: Cloner Uber en inventant des

    Episode 3: Cloner Uber en inventant des "plateformes coopératives"

    Traduction/Adaptation : Philippe Vion-Dury Les défis d'une (...)
    >

TOP 5 contribution

  • L'entrepreneur positif : le nouvel animal du XXIe siècle

    L'entrepreneur positif : le nouvel animal du XXIe siècle

    Être entrepreneur demande une curiosité permanente, un (...)
    >
  • Autisme: une école pour tous, vite !

    Autisme: une école pour tous, vite !

    "Je ne suis pas autiste, je vois bien les difficultés." En (...)
    >
  • "Faire du profit pour faire du profit ne nous séduit plus!" Le cri de 500 étudiants.

    Parmi notre génération d’étudiants, (...)
    >
  • [Tribune]

    [Tribune] "Refonder le pacte démocratique par l'économie sociale et solidaire avec Benoît Hamon"

    Cette élection présidentielle exprime et (...)
    >
  • Les intrapreneurs, ces gangsters de l'entreprise

    Les intrapreneurs, ces gangsters de l'entreprise

    Des héros ? Oui, car les intrapreneurs mènent des (...)
    >