À 26 ans, il dirige une ferme agro-écologique et forme sa génération à l'entreprenariat.

À 26 ans, il dirige une ferme agro-écologique et forme sa génération à l'entreprenariat.

Yoon Wi, la série qui présente ces entrepreneurs qui se bougent pour leur communauté en Afrique de l'Ouest! Au fil des vidéos, découvrons le chemin parcouru par ces hommes et ces femmes qui améliorent la vie des populations locales en créant leur entreprise, et inspire leur génération. Le premier épisode présente l'aventure de Mathieu Aly Faye.

A 26 ans seulement, Mathieu Aly Faye est d’ores et déjà un exemple à suivre pour la jeunesse sénégalaise. Homme de terrain et d’expérimentations, amoureux de la nature et conscient des problématiques des populations qui l’entourent, entreprendre pour aider les autres et son environnement est une véritable vocation.

Très jeune, Mathieu suit son instinct en suivant des formations dans le but de servir sa communauté. Fils d’une Mama entrepreneure elle-même, après des études en éco-énergie et de solides compétences en eau et développement, il résiste à l’appel des sirènes des grandes entreprises de Dakar et choisit plutôt de faire ses premières armes à Solarka Thiès, une entreprise spécialisée en énergies renouvelables, notamment solaire. Conscient de ses lacunes, il démissionne et postule ainsi au prestigieux concours Leadership Academy du centre Songhaï au Bénin, véritable écosystème interactif de production et de consommation locale et durable. Il y apprend toutes les notions de la philosophie du modèle Songhaï pour un développement local et raisonné des communautés:


"Va vers les gens, vis avec eux. Apprends d’eux. Aime-les. Commence avec ce qu’ils connaissent. Planifie avec eux. Construis sur ce qu’ils ont. Enseigne en montrant. Apprends en pratiquant. Ne te conforme pas, mais transforme. Ne soulage pas mais libère. Et quand, avec les meilleurs leaders, le travail est fait, la tâche accomplie, les gens diront nous l’avons fait nous-mêmes"
.


Après cette expérience, un seul objectif l’anime: revenir au pays, partir de rien et monter une entreprise à son image, tournée vers les autres et remplie d’ambition.

Ainsi, tout commence il y a 13 mois lorsqu’il lance sa ferme agroécologique dans son village natal de Fandène. Il n’a alors pour seules ressources que deux porcs et une volonté sans faille. Un an plus tard, à force d’un travail acharné du matin au soir, il possède plus de 30 porcs, des chèvres, des poules et des terres pour sa production végétale. Et cela n’est qu’un début, puisqu’il projette d’avoir en sa possession plus de 100 porcs d’ici la fin de l’année, pour que sa ferme devienne un exemple d’harmonie entre élevage, agriculture et pisciculture.

Par cette progression, il montre à tous ses concitoyens qu’avec une idée claire, des compétences solides, la connaissance du terrain et surtout la sueur de son front rien n’est impossible.

En parallèle de cela, sous la casquette de sa start-up Agrobiz qu’il dirige avec deux associés, il trouve le temps d’aider l’église de Lalane à développer son agriculture et donne des cours d’entrepreneuriat à plus de 100 jeunes de l’école de Don Bosco. Pour lui, le partage est une valeur sûre:
 

”Rien ne sert de réussir si les autres autour de moi ne réussissent pas aussi”.


Par ailleurs, il participe au développement de l’incubateur Yeessal AgriHub qui accompagne 12 jeunes entrepreneurs dans l’agriculture et les TIC, et a créé un jardin d’écothérapie au centre psychiatrique de Dalal xel.

Finalement, ce qui est marquant avec lui, c’est sa vision à long terme. Il souhaite être le pionnier du développement de son pays, en répliquant ce modèle dans les communes sénégalaises à qui il propose un plan de développement local sur 5 ans construit avec les citoyens. Il espère créer des centres de formation pour avoir un impact visible et durable sur les populations locales. Vous l’aurez compris, cet entrepreneur hyperactif est une source d’inspiration pour tous, un modèle de persévérance et de volonté, misant sur ce que la vie lui a donné et tentant, jour après jour, d’en tirer le meilleur.



 


Étudiants en ingénierie à Grenoble, Maxime et Simon sont partis cinq mois en Afrique de l’Ouest à la rencontre des jeunes entrepreneurs qui innovent en matière d'accès à l'eau potable et d'irrigation. Leur projet, baptisé Ricochets, s'adresse en particulier aux étudiants des grandes écoles supérieures africaines. L'objectif? Inspirer cette nouvelle génération en diffusant les solutions, souvent peu connues, qui répondent pourtant aux enjeux de leurs pays. www.facebook.com/ProjetRicochets/

 

 

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