Tissu éthique et transparence des prix, pour redonner des valeurs à l'industrie de la mode

Tissu éthique et transparence des prix, pour redonner des valeurs à l'industrie de la mode

En partenariat avec MakeSense, Socialter vous propose d'aider une initiative sociale à relever le défi qu'elle s'est lancé. Ce mois-ci, découvrez Modestologie, une jeune marque de vêtements au design minimaliste qui fixe les prix de ses articles en toute transparence.

La mode, ton univers impitoyable? Jeanne Bosco, 28 ans, baigne dedans depuis l’enfance– ses parents travaillent dans le secteur– sans adhérer pour autant au concept de la fast fashion à bas prix, sans égards pour les ouvriers du textile, souvent exploités à l’autre bout du monde. Longtemps garçon manqué, adepte des matières naturelles [elle abhorre le polyester, ndlr] et marquée par le documentaire The True Cost (2015) «qui montre l’impact très négatif des grosses compagnies dans le secteur de la mode et leur course au profit», Jeanne a vite compris que si l’on veut de la qualité, il faut y mettre le prix. Sans pour autant verser un salaire de misère aux ouvriers. L’idée de fonder sa propre marque a peu à peu fait son chemin.

Minimaliste
«J’ai fait un BBA (Bachelor in Business Administration) à l’ESSEC en spécialité webmarketing avant de monter une boîte d’import-export dans le secteur de la mode, en Chine, où j’ai travaillé pendant deux ans. Puis j’ai déménagé à Séoul, en Corée du Sud, où j’ai suivi un cursus qui m’a appris à designer et fabriquer des chaussures. J’ai ensuite créé une web marketplace où je vendais des sacs à main et des chaussures de designers coréens. De retour en France, à Paris, j’ai créé un showroom, mais le projet n’a pas perduré. J’ai ensuite décidé de faire un master spécialisé en informatique, avant de me lancer dans l’entrepreneuriat». Un parcours riche qui pousse la jeune femme à lancer sa marque, Modestologie, sur ses fonds propres.

«L’envie de trouver des vêtements minimalistes, de savoir d’où ils viennent, comment leur prix a été défini…m’a incitée à vendre ma propre marque.» Elle opte alors pour des vêtements très simples– «sobres mais fonctionnels»– et majoritairement réalisés avec des matières naturelles: soie, lin, coton. Pour chaque vêtement, elle détaille le coût de fabrication et la marge appliquée, tout en la comparant à celles des grandes enseignes. Avec la transparence comme maître mot. Pour le moment, Jeanne fait confectionner ses vêtements à Paris mais elle souhaite trouver une ou plusieurs usines fournissant le tissu et gérant la fabrication à l’étranger. «J’ai des contacts en Chine et j’ai récemment visité plusieurs usines en Moldavie qui partagent mes valeurs. À terme, j’aimerai monter des projets sociaux dans le pays choisi, par exemple proposer des bourses scolaires pour les enfants des ouvriers.»

International
Modestologie est aujourd’hui un pure player, même si Jeanne Bosco reçoit aussi sur rendez-vous dans son showroom, dans le 10e arrondissement à Paris. «Pour le moment, la clientèle étrangère est beaucoup plus intéressée par ce design minimaliste que les Françaises. Donc, aujourd’hui, mon défi vise à faire connaître la marque à l’international. Plus tard, je communiquerai en France.» Pour cela, MakeSense– qui a lancé une nouvelle mobilisation sur le thème de la mode éthique− l’a mise en contact avec ses équipes londoniennes, afin d’organiser un événement pour donner à Modestologie la possibilité de développer sa clientèle et d’intéresser un plus large public à la démarche de son entreprise. Jeanne envisage à moyen terme une campagne de crowdfunding. Elle est actuellement à la recherche d’un manager pour gérer, à ses côtés, le showroom et le site internet.

 

 

 

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