Avec Le Drenche, lisez l'information en double pour vous faire une opinion.

Avec Le Drenche, lisez l'information en double pour vous faire une opinion.

Socialter, en partenariat avec MakeSense, vous propose d'aider une initiative sociale à relever le défi qu'elle s'est lancé. Ce mois-ci, découvrez Le Drenche, un journal gratuit et un site qui invitent au débat. En proposant deux tribunes, pour et contre, sans couleur politique, afin de permettre à ses lecteurs de se forger une opinion.

D’abord, une question: de quoi Le Drenche est-il le nom ? Les fondateurs de ce journal et de ce site de débat ont choisi ce mot-valise pour démontrer qu’ils ne militaient pour aucun parti: Drenche pour DRoite, cENtre et gauCHE. Dans Le Drenche, les opinions peuvent donc être tranchées, politisées, mais toujours étayées et argumentées.

Trentenaires, ingénieurs de formation et anciens d’EDF, Florent Guignard et Antoine Dujardin se sont lancés dans l’entrepreneuriat avec une "idée née d’un besoin personnel". "On aimait débattre, mais on avait du mal à trouver des argumentaires construits sur différents sujets. Un jour, on a lu un sondage sur le gaz de schiste: 85 % des Français étaient contre, mais seuls 14% se sentaient capables d’expliquer ce que c’était! On s’est demandé comment les gens se forgeaient une opinion. Et on a décidé de proposer aux jeunes de se forger la leur sur des sujets de société, en comparant les avis", explique Florent Guignard.

Sortir de sa bulle


Les deux amis lancent alors une campagne de crowdfunding et récoltent, en mars 2015, plus de 15 000 euros pour développer leur projet: le premier numéro du Drenche paraît ainsi en octobre 2016. Distribué gratuitement dans 70 établissements de Paris et de la région parisienne (universités, écoles de commerce, de journalisme, d’ingénieurs…), Le Drenche s’adresse d’abord aux étudiants (1). "Ils sont intéressés par l’actualité, en recherche d’éléments pour se faire une opinion à l’approche de la présidentielle. On constate là que notre journal est lu. La version web touche un public un peu plus large, de 18 à 35 ans, plutôt urbain et actif, avec près de 1000 lecteurs par jour. Lire des avis opposés permet de sortir de sa bulle, du principe des filtres ou des algorithmes", précise Florent.

Le Drenche paraît tous les mois, à l’exception des vacances scolaires, mais Antoine et Florent souhaiteraient en faire un véritable mensuel et, à terme, un hebdo. "En 20 à 24 pages, on traite trois sujets, dont un grand débat, toujours à travers deux tribunes opposées? chacune rédigée par une personne compétente, légitime et engagée? et une infographie qui rappelle le contexte de manière simple et factuelle, pour savoir de quoi l’on parle." Le Drenche propose également un agenda, des plans pour sortir et des contacts d’associations partenaires pour "passer à l’action".

Les deux ingénieurs ont notamment noué un partenariat avec Léonore de Roquefeuil, de Voxe.org (lire Socialter n° 14) "pour faire le lien entre les sujets traités par les candidats et par Le Drenche". C’est elle qui les a mis en relation avec MakeSense. Depuis décembre, Antoine et Florent ont rejoint le SenseCube où ils suivent un programme d’accompagnement spécial start-up jusqu’en juin. Entreprise de l’économie sociale et solidaire (ESS), Le Drenche imprime son journal localement, avec une encre à l’eau sans solvant chimique et sur un papier issu de forêts renouvelées. Aujourd’hui, il lui reste encore plusieurs défis à relever: répondre à la question du rôle des médias dans la société en proposant aux lecteurs de choisir les sujets dont ils veulent débattre ; "faire un journal grand public et rentable"; et gagner en notoriété. Pour cela, Antoine Dujardin et Florent Guignard entendent, entre autres, parvenir à distribuer Le Drenche dans toute la France. Pour susciter le débat et former des citoyens avisés.


(1) Si le journal est gratuit, il est toutefois possible de s’abonner au Drenche pour soutenir l’initiative.

 

 

 

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