L'économie collaborative, plus qu'une mode, une révolution en marche

L'économie collaborative, plus qu'une mode, une révolution en marche

Les entreprises d'économie collaborative se multiplient depuis une dizaine d'années. Plus qu'une simple mode, ce mouvement de partage et de solidarité va s'inscrire dans la durée.

D’abord, parce que l’innovation "sociale" est un remède à la baisse du pouvoir d’achat, dans un contexte où la morale des français est en berne, où les inégalités se creusent. Ensuite, les nouvelles technologies permettent des solutions toujours plus intuitives, pratiques et instantanées pour améliorer notre mode de vie. Enfin, et surtout, un nombre croissant de français n’adhère plus au modèle de consommation fondé sur le "posséder toujours plus", et sur un individualisme à outrance. Ils demandent autre chose, qui leur ressemblerait plus. Une logique coopérative plus que compétitive. Ils se veulent consommateur-acteur.

Le changement n’est plus suggéré, il régit nos sociétés : le collectif est sacralisé. Le lien social est une problématique dans l’air du temps, que l’on ne cesse de réinventer. On assiste sans doute, doucement, mais sûrement à une évolution des mentalités. C’est le début d’une nouvelle ère dont on fait tous partie !

Cependant, quelques réticences persistent. Comment assurer la qualité des produits, ou la sécurité lors des rencontres (comme le covoiturage) ? Est-ce que l’économie collaborative a vraiment de bonnes intentions, ou est-ce un business model néo-capitaliste intéressé par le profit ?

C’est aux entreprises et aux associations de rappeler qu’elles se sont fondées non pas seulement pour mettre en relation différentes parties via les outils du numérique, mais surtout pour créer du lien social, pour engager un changement. Sur du long-terme, il est question de recréer la convivialité, et l’entraide intergénérationnelle qui existaient autrefois dans les villages. Se rendre service entre voisins, serait le monde de demain.

Aujourd’hui, pour dépasser le stade de l’utopie, l’économie collaborative solidaire doit être connue et comprise

Les start-ups qui se disent dans l’entreprenariat social se doivent de montrer l’exemple. Elles sont à l’origine de ces nouveaux échanges, elles doivent donc encadrer la rencontre, en facilitant les premiers contacts. Il est question d’institutionnaliser une solidarité solide qui fonctionne dans la réciprocité. Il faut anticiper les relations humaines qui pourraient se créer, et mettre en place les structures adaptées.

Ensuite, d’un point de vue juridique, il est grand temps d’obtenir la reconnaissance de la notion d’ "entraide civile". L’entraide est une notion, qui est évidente dans certains cadres, notamment celui de la famille, ou encore dans l’agriculture (les prêts et échanges de matériels). En revanche, les entreprises collaboratives ne disposent pas encore d’un solide socle juridique permettant de distinguer l’entraide qu’elles impulsent, du reste. La frontière entre les actions de l’économie du partage et les activités commerciales classiques est aujourd’hui trop floue.

Enfin, d’un point de vue économique, une politique partenariale d’aide au développement des initiatives solidaires doit être mise en place. Elle serait porteuse du "vivre ensemble", valeur dont notre société a besoin.
L’économie collaborative solidaire a tout intérêt à innover et à se pérenniser sur le long-terme, car elle apporte des solutions à des problématiques réelles.

 
A propos des auteurs :  

  • Dominique Schalchli est le Président de l'Accorderie de Montpellier (les accorderies sont des lieux d'échange de services en passant par une monnaie temps).

  • Marie Treppoz est la fondatrice de Welp, 1ère plateforme d’entraide gratuite entre particuliers

 

 

Abonnez vous !
Où trouver SOCIALTER en kiosque ?

TOP 5 stories

  • Isolez votre casserole pour fermer une centrale nucléaire

    Isolez votre casserole pour fermer une centrale nucléaire

    L’histoire commence par une froide matinée de (...)
    >
  • Loin d'être si

    Loin d'être si "écolo", les LED sont un fléau pour la biodiversité

    Une chaude nuit d’été. Vous profitez du ciel (...)
    >
  • Hélène Médigue :

    Hélène Médigue : "Ce ne doit pas être une ségrégation de manger sainement"

    Quel a été le point de départ de On a 20 ans (...)
    >
  • La vie est Belt : des pneus usagés en guise de ceinture

    La vie est Belt : des pneus usagés en guise de ceinture

    Transformer des pneus de vélos usagés en ceintures, (...)
    >
  • CleanCup, la machine qui éradique les gobelets jetables

    CleanCup, la machine qui éradique les gobelets jetables

    C’est au cours de ses études à l’EM Lyon (...)
    >

TOP 5 contribution

  • "Pourquoi j'ai choisi de vivre zéro déchet." Episode 1/5. Aline, 22 ans, adepte de micro-écologie.

    Dans nos sociétés hygiénistes, les (...)
    >
  • "Faire du profit pour faire du profit ne nous séduit plus!" Le cri de 500 étudiants.

    Parmi notre génération d’étudiants, (...)
    >
  • Autisme: une école pour tous, vite !

    Autisme: une école pour tous, vite !

    "Je ne suis pas autiste, je vois bien les difficultés." En (...)
    >
  • [Tribune]

    [Tribune] "Refonder le pacte démocratique par l'économie sociale et solidaire avec Benoît Hamon"

    Cette élection présidentielle exprime et (...)
    >
  • Au programme de l'école du XXIe siècle: cours de créativité, d'empathie et de connaissance de soi.

    Au programme de l'école du XXIe siècle: cours de créativité, d'empathie et de connaissance de soi.

    Créativité, connaissance de soi, (...)
    >