Les MOOCs restent encore à inventer

Les MOOCs restent encore à inventer

Les MOOCs (Massive Online Open Courses) apparaissent aux yeux de beaucoup comme une révolution éducative. C'est dans ce contexte que France Université Numérique (FUN) et SenseSchool ont organisé le premier MOOCamp tricolore, le 11 janvier dernier. Retour sur cet événement novateur.

Le MOOCamp a permis d’offrir aux participants un accompagnement pour élaborer de nouveaux MOOCs, inscrits dans une vision novatrice de l’éducation. Au total, dix projets de MOOCs ont été sélectionnés et seront prochainement développés.


Une fourmilière d’acteurs qui ne manquent pas d’idées

Dans la grande salle de réunion du CRI (Centre de Recherche Interdisciplinaire) à Paris, une centaine d’étudiants, chercheurs en innovation pédagogique, entrepreneurs sociaux, enseignants, sont réunis pour scénariser et « prototyper » de nouveaux MOOCs. « Les MOOCs sont une formidable opportunité pour le monde de l’éducation, explique Marine Plossu, cofondatrice de SenseSchool. C’est l’occasion d’inventer de nouvelles méthodes d’apprentissage. »

Tout au long de la journée, dix équipes encadrées par des animateurs de SenseSchool planchent sur des projets de MOOCs variés, allant de l’orientation professionnelle à la psychologie cognitive en passant par le web sémantique et l’art de négocier.

Parmi les ateliers ouverts et participatifs de ce MOOCamp, celui de Transapi (1). Pour lutter contre le décrochage scolaire, cette association porte un projet d’apprentissage original : proposer aux jeunes qui présentent des difficultés scolaires de créer eux-mêmes leurs propres cours. « Un MOOC pourrait être un bon moyen de compléter nos ateliers présentiels », précise Muriel Epstein, enseignante de mathématiques et co-fondatrice de Transapi.

Baptisé TransiMOOC, le projet de Muriel s’intitule « La révision au brevet des collèges en histoire-géographie ». « Nous avons conçu cinq semaines de cours très différentes, avec des formats variés, des jeux géographiques, des vidéos, des débats sur Twitter, des cartes mentales… C’est très stimulant », se réjouit-elle. L’objectif visé ? « Rendre les jeunes apprenants “acteurs” de leur savoir et producteurs de contenus. Ce sera un MOOC ouvert à tout le monde, qui permettra d’aller plus loin que l’apprentissage traditionnel. »


 

  
Dépasser les carcans universitaires

Dans la salle voisine se trouve un groupe de dix personnes. Enseignants, chercheurs, étudiants, spécialistes en innovation pédagogiques… tous réunis pour scénariser un MOOC baptisé « découvre tes supers-pouvoirs ».

Autour de la table, Claude Terosier et Sébastien Louit, cofondateurs de Magic Makers, griffonent leurs idées sur des Post-It. Leur startup propose des ateliers de programmation créative pour les enfants. Ceux-ci ont ainsi l’opportunité d’apprendre dès 8 ans la programmation à travers la création de jeux vidéos. Aujourd’hui, la start-up souhaite transposer ses ateliers présentiels sur Internet, en utilisant le modèle proposé par les cours massifs et ouverts. Les jeunes programmateurs en herbe, encadrés par les animateurs de Magic Makers, leurs parents et pourquoi pas leurs instituteurs, utiliseraient le logiciel Scratch, conçu pour acquérir à distance les compétences nécessaires à la programmation. Il est prévu que les cours incorporent vidéos, jeux et exercices ludiques. Grâce à ce système, les jeunes programmateurs disposeront d’un outil complet pour créer leurs jeux videos de A à Z.

Rémi Sharrock, maître de conférences au département Informatique et réseaux de Télécom ParisTech, contribue au prototypage de ce MOOC . « Les MOOCs permettent de décloisonner le savoir, explique-t-il. On va plus loin que les cours traditionnels universitaires, c’est ouvert à tous, pas seulement aux étudiants et aux enseignants. Des sujets différents sont possibles. »


La preuve dans une autre pièce,
où un MOOC dédié à l’autisme est en cours de conception. Sarah Cherruault et François Dupayrat sont les co-fondateurs d’Auticiel, une entreprise sociale dont le but est de faciliter l’insertion des personnes autistes. L’objectif de leur MOOC, qu’ils ont baptisé Autimooc, est « d’aider tous ceux qui sont confrontés à l’autisme (les parents, les enseignants, les commerçants) mais aussi les non spécialistes, à mieux appréhender ce trouble cognitif. » François Dupayrat précise le projet : « On a imaginé des formats différents, des quizz, des jeux de rôle, des vidéos où des familles raconteraient leur parcours, par exemple. À leur tour, les apprenants pourraient créer de petits films, ou d’autres contenus. Une façon d’enrichir la connaissance et d’améliorer constamment le cours. »

À l’issu de ce premier MOOCamp, Autimooc a obtenu le prix du MOOC d’intérêt général, TransiMOOC a remporté celui du MOOC le plus innovant, et « Découvre tes supers-pouvoirs » a été recompensé comme le MOOC le plus « fun ».

 

NB : D’autres MOOCamps devraient prochainement être organisés en France.


(1) Retrouvez notre enquête sur les solution anti-décrochage scolaire dans notre dossier spécial sur l’éducation du n°3 de Socialter.

Socialter spécial Éducation : Allumer le feu (disponible actuellement en kiosques)





(crédits photos : Fabien Soyez)

 

 

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