Ils transforment les fruits invendus en confiserie

Ils transforment les fruits invendus en confiserie

Socialter, en partenariat avec MakeSense, vous propose d'aider une initiative sociale à relever le défi qu'elle s'est lancé. Ce mois-ci, découvrez la start-up Fwee qui transforme les fruits invendus en confiserie, afin d'éviter de les jeter.

Le 16 octobre dernier, la France célébrait la Journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire. Une date symbolique toute trouvée pour le lancement de Fwee (prononcez « foui »), une confiserie à base de purée de fruits, sans sucre ajouté. Devant l’hôtel de ville de Paris, Soizic Ozbolt sensibilise les passants au gaspillage alimentaire et fait connaître son produit en distribuant des cartes en fruit sec avec des conseils pratiques.

Cuir de fruit

« J’ai rencontré MakeSense il y a trois ans, via l’association Disco Soupe dans laquelle je suis engagée. Et l’idée de lancer ce projet est née au fil du temps, comme une suite logique à mon parcours et mes compétences », explique la jeune femme. À 31 ans, cette agronome de formation a été acheteuse à l’international, puis cadre dans l’humanitaire (en Jordanie, au Pakistan et en Irak) où elle a travaillé dans l’approvisionnement et la gestion de projets. Il y a deux ans, au cours d’un séjour au Liban, Soizic Ozbolt découvre le cuir de fruit : « Une technique qui consiste à étaler de la purée de fruits sur une plaque de déshydrateur et à la faire sécher pour obtenir une [feuille] de fruit sec. » Utilisée également en Europe de l’Est ou en Russie, cette technique permet de ne pas perdre les fruits invendus. « J’ai alors eu l’idée de la transposer en France », indique tout simplement la jeune entrepreneure.

À travers trois « hold-up » à Lyon et Paris, les équipes de MakeSense l’ont amenée à préciser son projet : « Les gangsters m’ont aidée à définir le vocabulaire autour du produit, à mettre en place une charte graphique. Puis nous avons travaillé sur le lancement avec l’idée des cartes-conseils en fruit sec ou du kakémono [affiche verticale, ndlr] avec notre logo pour que les gens puissent se prendre en photo et poster leur “selfwee” sur les réseaux sociaux. Enfin, MakeSense m’a aidée pour ma campagne de crowdfunding : j’ai besoin de 13 000 euros pour acheter un nouveau déshydrateur », détaille Soizic Ozbolt.

Mise en production

Installée à Cliousclat, dans la Drôme, la jeune femme se félicite de trouver « toutes sortes de fruits à moins de 25 km de [s]on atelier ». Elle travaille actuellement avec trois producteurs dont elle récupère les invendus pour les transformer : pêches, nectarines, kiwis, pommes, poires ou encore cerises et fraises. Soizic Ozbolt compte s’associer avec l’un de ses producteurs et le défi qu’elle doit relever consiste aujourd’hui à passer du prototype à la mise en production, avec l’ouverture d’un nouvel atelier « fin avril-début mai, derrière les chaînes de production de [s]on associé ». Pour le moment, la jeune femme propose des tagliatelles de fruits − sous forme de snacks, de friandises − mais assure que « toutes les formes sont possibles » (1). L’entrepreneure écoule son produit en vente directe, grâce à des magasins de producteurs de sa région, ou encore sur les marchés solidaires. Elle souhaite à terme proposer son cuir de fruit pour des paniers AMAP [Association pour le maintien d’une agriculture paysanne, ndlr] ou à des responsables locaux de La Ruche qui dit Oui ! Mais au fait, pourquoi ce nom, Fwee ? « Il s’agit d’abord d’une expression souvent employée par une personne que j’ai connue au Liban. Plus tard, j’ai appris que cela signifiait fruit en créole. Ce qui tombait bien ! » Fwee : une pause light et anti-gaspillage bientôt dans vos assiettes.
 

Pour aller plus loin : www.fwee.fr
Retrouvez ce défi sur Makesense

(1) La découpe des plaques de fruit au laser rend possibles tous les formats et donc toutes les interprétations en matière de présentation.


Suivez toutes les news de l'innovation sociale sur notre 
page Facebook

Abonnez vous !
Où trouver SOCIALTER en kiosque ?

TOP 5 stories

  • Quel bilan un an après la loi contre l'obsolescence programmée ?

    Quel bilan un an après la loi contre l'obsolescence programmée ?

    Fabriquer une machine à laver qui tombe définitivement (...)
    >
  • Un panier livré chaque semaine pour vous transformer en chef vegan

    Un panier livré chaque semaine pour vous transformer en chef vegan

    Funky Veggie, c’est l’histoire d’une rencontre (...)
    >
  • N°18 : La créativité, le capital au XXIe siècle

    N°18 : La créativité, le capital au XXIe siècle

    Dossier. La créativité : le capital au XXIe (...)
    >
  • La Réserve des Arts, une caverne d'Ali Baba circulaire pour les créateurs

    La Réserve des Arts, une caverne d'Ali Baba circulaire pour les créateurs

    Une table fabriquée à partir des dalles en verre (...)
    >
  • Deux lycéens inventent une tablette pour permettre aux sourds de percevoir les sons

    Deux lycéens inventent une tablette pour permettre aux sourds de percevoir les sons

    Une alarme à incendie retentit dans un hôtel : tous les (...)
    >

TOP 5 contribution

  • L'entrepreneur positif : le nouvel animal du XXIe siècle

    L'entrepreneur positif : le nouvel animal du XXIe siècle

    Être entrepreneur demande une curiosité permanente, un (...)
    >
  • Crise agricole : et si les éleveurs avaient déjà la solution ?

    Crise agricole : et si les éleveurs avaient déjà la solution ?

    Aujourd’hui, en France, les producteurs de lait ne peuvent (...)
    >
  • Réinventez votre business model pour servir la base de la pyramide

    Réinventez votre business model pour servir la base de la pyramide

    En 2005, C. K. Prahalad alertait les entreprises de (...)
    >
  • Transformer son association en entreprise sociale : les 5 questions à se poser

    Transformer son association en entreprise sociale : les 5 questions à se poser

    Depuis 2011, Advise for Change met en relation des jeunes (...)
    >
  • Les intrapreneurs, ces gangsters de l'entreprise

    Les intrapreneurs, ces gangsters de l'entreprise

    Des héros ? Oui, car les intrapreneurs mènent des (...)
    >