Job Out : elles vous apprennent à switcher en douceur

Job Out : elles vous apprennent à switcher en douceur

«Je ne m'identifie plus dans mon travail», «J'aimerais faire autre chose mais je ne sais pas par où commencer»... Clara Delétraz et Béatrice Moulin, deux entrepreneuses en quête de sens, ont créé le projet Switch Collective pour prouver qu'on peut aujourd'hui «fabriquer notre travail pour qu'il s'adapte à notre vie», et non l'inverse.

«C’est comme à la maison !», annonce Clara Delétraz en s’asseyant dans un fauteuil vintage de l’Atelier Meraki. Au sein de ce melting pot parisien près de Bastille, designers, artistes et entrepreneurs ont élu domicile. C’est ici que s’est déroulé le lancement de Switch Collective, projet de réorientation professionnelle 2.0, le 15 décembre dernier. «C’était bondé !», rapporte avec enthousiasme l’ancienne déléguée de la mission French Tech.

Le projet Switch est né du constat que «70% des jeunes actifs ne se reconnaissent plus dans leur job» et que «45% aimeraient en changer s’ils pouvaient». Réalisant que cette quête de sens était partout, notamment dans leurs propres parcours professionnels, Clara Delétraz, ex-participante au projet du Grand Paris, passée par plusieurs cabinets ministériels ; et Béatrice Moulin, insatisfaite des écoles de commerce et de sociologie, en ont conclu qu’il n’était «plus seulement question d’une crise existensielle, mais d’un vrai problème générationnel. Nous sommes entrés dans l’ère du “switch”» évoque Clara.

«Pour la première fois, nous avons l’opportunité de pouvoir fabriquer notre travail pour qu’il s’adapte à notre vie, plutôt que de fabriquer notre vie pour qu’elle s’adapte à notre travail», poursuit l’entrepreneuse.

Dans ce processus, Switch Collective se pose comme un «écosystème, composé de programmes et de services», permettant aux personnes en quête de sens, de découvrir et de s’engager dans une voie professionnelle qui leur est propre.


On fait le bilan, calmement

Pour ce faire, les fondatrices du collectif ont imaginé plusieurs programmes dont la première offre, Fais le bilan, calmement, permet à toute personne «d’enclencher son switch» personnel. Le programme de trois semaines, divisé en quatre étapes distinctes, verra un groupe d’une vingtaine de participants se réunir régulièrement dans un lieu confortable, autour d’un verre, afin de casser «ce sentiment de solitude» bien connu des entrepreneurs et des switchers. «On valorise l’entraide. Les gens ont besoin de ça», affirme Béatrice Moulin.

Les fondatrices de Switch ne cachent pas que la découverte et la compréhension de soi-même est un «processus long. Mais cette phase d’exploration est essentielle», complète la jeune femme de 31 ans. S’ensuit plusieurs semaines où le switcheur «sera amené à se reconnecter avec lui-même, à comprendre comment il fonctionne et à se projeter très concrètement. À la fin du programme, on lui laisse le choix de créer sa boite ou de rester dans son entreprise». Ce qui pourrait être comparé à du coaching est en réalité une «expérience pluridisciplinaire, collaborative et ludique» écrivent les fondatrices sur le site du collectif.


«Kee-Yoon, ex-avocate devenue humoriste ; Raphaël, corporate hacker chez Thalès...»


Le soir du lancement de Switch à l’Atelier Meraki, quatre intervenants issus de milieux opposés sont venus «pitcher leur switch», c’est-à-dire raconter leur expérience de réorientation professionnelle. Kee-Yoon, ex-avocate devenue humoriste ; Raphaël, «corporate hacker» chez Thalès ; Antoine, salarié chez Netvibes le jour, porteur du mouvement des «Barbares» la nuit ; et Floriane, fondatrice de la marque Louis Antoinette, première ligne de vêtements à fabriquer soi-même.

Alors que le premier cycle de Switch Collective affiche déjà complet pour janvier, Clara Delétraz et Béatrice Moulin espèrent disposer d’un lieu où réunir toute cette communauté de switcheurs d’ici fin 2016, un endroit collectif «qui brasse du monde, et incarne notre vision, nos valeurs», partage la première. «Et où créatifs, entreprises, makers, cohabiteraient et travailleraient enfin ensemble», ajoute la deuxième, avant que les deux ne déclarent mutuellement, avec un sourire confiant, «On y croit beaucoup».


Site de Switch Collective


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