Leonardo Dicaprio franchit le Rubicon

Leonardo Dicaprio franchit le Rubicon

Leonardo Dicaprio a investi dans le "Uber des déchets", une application mobile initiée par la start-up américaine Rubicon Global. Elle offrira des services de collecte et de transport des déchets à la demande, auprès des entreprises. Focus sur un marché prometteur.

L’acteur s’est engagé dans une nouvelle action pour sauver la planète : le recyclage. Après d’autres investisseurs, Leonardo Dicaprio a investi dans la start-up américaine Rubicon Global, le «Uber des déchets», négociant des contrats d’élimination des déchets pour les entreprises, et sur le point de lancer son application de collecte à la demande.

Née en 2008, Rubicon Global s’ancre dans une démarche à la fois économique et écologique. Aux États-Unis, des millions de compagnies produisent toutes sortes de détritus : invendus alimentaires, carton, plastique… Elles engagent alors des firmes de gestion des déchets pour ramasser ces ordures et les transporter jusqu’aux décharges. Deux sociétés dominent ce secteur aux États-Unis : Waste Management et Republic Services.

Rubicon Global intervient, elle, dans les relations entre les entreprises et les firmes de gestion des ordures : elle est une sorte de “consultante en déchets”. Grâce à un système d’enchères en ligne, elle délivre aux entreprises américaines des contrats de collecte en fonction de leur situation géographique et de leur quantité d’ordures. Le concept de Rubicon, compilant Big data et actions en ligne, réduit de 20 à 30 % la facture de déchets de ses clients.


«Je veux votre contrat d’élimination des déchets»

60 000 emplacements jalonnent le réseau de transporteurs de Rubicon, des magasins de grande distribution, à l’épicerie locale en passant par les hôpitaux. Cette démarche «préserve l’environnement par la même occasion», ajoute son PDG et fondateur, Nate Morris. Étudiant, cet américain audacieux s’est approché d’une chaîne de pizzerias nationale en réclamant «Je veux votre contrat d’élimination des déchets». Nate Morris raconte dans le New York Times la réaction de la firme : «Personne ne nous a jamais fait une telle demande», avant qu’elle ne lui délivre le précieux document. Le fondateur de Rubicon obtient ensuite les contrats de gestion des déchets des plus grandes entreprises américaines, dont certaines figurent dans le classement des 500 plus grandes fortunes du pays.

 

Aujourd’hui, la valeur de Rubicon Global s’élève à 500 million de dollars, selon une récente publication du magazine d’économie Fortune, et serait en train de négocier une entrée en bourse à horizon 2015-2016.


Devenir le «Uber des déchets»

«Changer les règles du recyclage», tel est l’objectif de Rubicon, qui a bénéficié d’un apport de 50 millions de dollars de la part d’importants investisseurs, dont Leonardo Dicaprio. À quelques semaines de la COP 21, la green star multiplie les initiatives pour la planète : protection des animaux, développement d’une île 100 % éco-responsable, rupture avec les énergies fossiles… L’été dernier, sa fondation est parvenue à lever 40 millions de dollars en faveur des derniers sites sauvages de la planète.

Rubicon Global prépare désormais de son côté le lancement de sa première application mobile, qui offrira des services de collecte et de transport des déchets à la demande, de la même manière qu’Uber avec ses trajets. Elle devrait être «disponible dans plusieurs villes américaines d’ici fin 2015», annonce Fortune.

Pour devenir la Uber des déchets, la start-up a fait appel à David Plouffe, ex-conseiller de Barack Obama et d’Uber, qui a rejoint les membres du conseil de Rubicon en août dernier. L’ancien directeur technique d’Uber, Oscar Salazar, accompagnera lui aussi le lancement de l’application.

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