La jeunesse étudiante aussi se prépare au « tsunami » de la COP21

La jeunesse étudiante aussi se prépare au « tsunami » de la COP21

À la fin de l'année aura lieu à Paris la très attendue conférence sur le climat (COP21). Avant cela, le REFEDD (Réseau français des étudiants pour le développement durable) organise les Rencontres nationales des étudiants pour le développement durable (RENEDD) à la Cité Universitaire de Paris. L'occasion de recueillir l'avis de la jeunesse engagée sur le sujet. Oriane Cébile, présidente du REFEDD et partie intégrante des « générations futures », a répondu à nos questions.

Pouvez-vous décrire en quelques mots votre réseau le REFEDD ?
Le REFEDD est un réseau d’une centaine d’associations étudiantes. Pour nous, le monde étudiant est une force essentielle pour construire demain. Nous avons deux objectifs : atteindre 100 % d’étudiants sensibilisés et engagés sur le développement durable et avoir 100 % des campus durables. Pour cela, notre action tourne autour de trois éléments : rassembler, former et porter la voix des étudiants sur le développement durable. Nous accompagnons les projets étudiants, organisons des formations (projet carbone campus, mobilité campus actions, développement durable dans les campus, etc.) et publions des guides méthodologiques et kits pratiques.


Les 25 et 26 avril prochains, vous organisez les RENEDD. Ça va être le grand rassemblement ?

Les Rencontres nationales des étudiants pour le développement durable ont lieu tous les ans pendant deux jours. Au programme : débats, formations, forum, présentation d’initiatives, cocktail et repas responsables. Elles rassemblent environ 500 étudiants pour discuter des nombreux enjeux que constituent le climat, l’alimentation, la biodiversité, la consommation collaborative, la mobilité et le développement durable dans les campus. À cette occasion, les étudiants vont pouvoir échanger avec des spécialistes, rencontrer d’autres personnes engagées et découvrir des initiatives inspirantes. Le tout dans une ambiance conviviale et festive.


Le développement durable semble être devenu un concept à la mode, récupéré par beaucoup et travaillé à toutes les sauces. À tel point qu’aujourd’hui, il est compliqué de s’en faire une idée précise. Alors pour vous c’est quoi ?
Pour nous, le développement durable consiste à promouvoir le bien-être social tout en respectant les limites environnementales. L’économie n’est qu’un moyen d’y parvenir mais n’est pas une finalité. Concrètement, cela signifie construire une société équitable et solidaire, permettant à chacun de disposer d’une bonne qualité de vie, tout en reconnaissant que les ressources de la planète sont limitées.
Face à la récupération et la déformation du concept, il est indispensable d’informer, et tout particulièrement les jeunes. Nous faisons déjà partie des « générations futures » dont on parle tant. Il est donc indispensable de sensibiliser, former, faire changer les comportements et soutenir tous ces jeunes qui sont déjà porteurs de solutions.


Fin 2015 aura lieu la tant attendue COP21 à Paris. Quels sont vos pronostics ? Au regard des maigres bases posées par la Conférence de Lima, peut-elle être un succès ? Autrement dit, un véritable accord contraignant peut-il voir le jour ?  
Entre ceux qui défendent la faisabilité d’un accord contraignant universel, ceux qui ne croient plus au processus onusien et ceux qui prédisent un report de l’accord à la COP de Marrakech, il est difficile d’établir des pronostics. Ce que l’on peut dire en tout cas, c’est qu’il s’agit d’un processus long et complexe. Même si la COP21 aboutit à un accord contraignant, il n’entrera en vigueur qu’à partir de 2020 et cela ne garantit pas que les objectifs seront suffisamment ambitieux. Il ne faut pas non plus perdre de vue qu’un accord contraignant ne peut pas empêcher les États de se retirer du processus comme l’ont fait le Japon et le Canada pour le Protocole de Kyoto. Les accords internationaux, s’ils sont très importants, ne sont donc pas des garanties effectives de changement. Plus fondamentalement, la COP21 doit être l’occasion pour tous de se mobiliser, associations, collectivités, entreprises, citoyens. Les défis du changement climatique imposent de repenser nos modes de vie, de production et de consommation.

 
Quel rôle le REFEDD et les associations étudiantes peuvent-ils jouer dans la COP21 ?
Les organisations de jeunes peuvent participer aux COP, en tant qu’accrédités. Le REFEDD sera donc présent lors des négociations afin de soutenir l’importance de l’éducation dans la lutte contre le changement climatique. Par ailleurs, une conférence de la jeunesse ou COY (Conference of Youth) précède chaque COP. Il s’agit d’un rassemblement de jeunes du monde entier qui se mobilisent pour que la lutte contre le changement climatique soit une priorité.

 
Depuis que le REFEDD existe, constatez-vous une évolution de comportement et d’engagement chez les jeunes concernant l’écologie et le développement durable ? Est-on passé d’un engagement militant à un discours plus pragmatique chez les nouvelles générations ?
Tous les trois ans, le REFEDD organise la consultation nationale étudiante sur le niveau de connaissances, l’engagement et les attentes des étudiants sur le développement durable. On a constaté que leurs connaissances du développement durable sont fortement liées aux actualités mais restent de niveau moyen. En revanche, les étudiants n’attendent pas d’être experts pour s’engager, que ce soit au quotidien, dans leur travail, dans une association. Être militant dans une association nationale reste un moyen d’avoir un impact, mais ce n’est pas le seul. Aujourd’hui, les étudiants ont par exemple conscience de l’importance des projets collectifs à l’échelle locale. Le nombre d’associations étudiantes proposant des paniers de produits provenant des circuits courts a ainsi fortement augmenté. D’autant plus que ces modes de mobilisation rejoignent d’autres considérations, financières et de santé entre autres. Bref, de quoi espérer en l’avenir ! 

                                       Oriane Cébile, présidente du REFEDD


Le REFEDD en quelques chiffres : 
Date de création : 2007 
Equipe : 8 membres permanents, 5 personnes constituant le bureau bénévole, plus de 100 bénévoles dans tout le pays 
Organisation : 5 pôles thématiques (Énergie-Climat, Biodiversité, Éducation, Économie Sociale et Solidaire, Responsabilité sociétale des organisations)  
Nombre d'associations : une centaine
Nombre de villes où le réseau est présent : 12


Les dates à retenir :
Les RENEDD : les 25-26 avril 2015 à la Cité Universitaire de Paris
La COP21 ou Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Paris : du 30 novembre au 11 décembre 2015
La COY (Conference of Youth) de Paris : fin novembre 2015

Plus d'infos sur le REFEDD : http://refedd.org/

Abonnez vous !
Où trouver SOCIALTER en kiosque ?

TOP 5 stories

  • Marseille, la ville qui résiste encore et toujours aux « gentrifieurs »

    Marseille, la ville qui résiste encore et toujours aux « gentrifieurs »

    Cet article a été initialement publié sous le (...)
    >
  • La révolution du smartphone responsable aura-t-elle lieu ?

    La révolution du smartphone responsable aura-t-elle lieu ?

    S’il est bien un domaine qui résiste encore et (...)
    >
  • Les dons d'entreprises à des initiatives

    Les dons d'entreprises à des initiatives "positives" battent de nouveaux records en 2017

    Le mécénat d’entreprise a le vent en poupe. (...)
    >
  • Pourquoi rendre les voitures électriques plus autonomes est une mauvaise idée

    Pourquoi rendre les voitures électriques plus autonomes est une mauvaise idée

    Cet article est republié à partir de The (...)
    >
  • Comment les pays du Sud peuvent réinventer la transition (en 30 leçons)

    Comment les pays du Sud peuvent réinventer la transition (en 30 leçons)

    Cet article a été initialement pulié sur The (...)
    >

TOP 5 contribution

  • [Tribune] Philippe Bihouix : contre l'ouverture de mines de terres rares en France

    [Tribune] Philippe Bihouix : contre l'ouverture de mines de terres rares en France

    Nous pensions entrer dans une ère heureuse de (...)
    >
  • "Pourquoi j'ai choisi de vivre zéro déchet." Episode 1/5. Aline, 22 ans, adepte de micro-écologie.

    Dans nos sociétés hygiénistes, les (...)
    >
  • Au programme de l'école du XXIe siècle: cours de créativité, d'empathie et de connaissance de soi.

    Au programme de l'école du XXIe siècle: cours de créativité, d'empathie et de connaissance de soi.

    Créativité, connaissance de soi, (...)
    >
  • Crème de la Crème : quand les échanges entre générations relancent l'innovation

    Crème de la Crème : quand les échanges entre générations relancent l'innovation

    [Contenu sponsorisé]La majorité des moments forts et (...)
    >
  • "Nous voulons des coquelicots": une pétition contre les pesticides

    NOUS VOULONS DES COQUELICOTS Appel des 100 pour l’interdiction (...)
    >