Recrutement : rendre la boîte noire plus transparente

Recrutement : rendre la boîte noire plus transparente

La start-up Welcome Jobs, dont le lancement est prévu pour le début du mois de décembre, cherche à réconcilier employeurs et candidats avec le processus du recrutement. Transparence, efficacité et rapport de force équilibré sont les maîtres-mots de cette entreprise qui se positionne sur le secteur des petites et moyennes entreprises. Interview avec Jérémy Clédat, fondateur de la start-up.

Quel est votre regard sur le système de recrutement actuel ?

Alors qu’Internet apporte beaucoup de transparence dans de nombreux secteurs d’activité – hôtellerie, restauration, voyage –, le secteur du recrutement a pour sa part peu évolué : l’entreprise reste une boîte noire pour toute personne ayant envie d’y postuler. Les processus de recrutement ainsi que la relation entre le candidat et le recruteur sont profondément déséquilibrés. Le candidat doit aller toujours plus loin dans l’exhaustivité des informations sur son profil, tandis que l’entreprise en dit très peu sur elle.

Quelles sont les solutions ?

Pour bien débuter sa relation avec son futur employé, le candidat doit mieux connaître la société à laquelle il postule et établir une relation équilibrée avec elle. Côté entreprise, nous sommes convaincus que la meilleure manière de recruter passe par un changement d’attitude et par plus de transparence. Les entreprises devraient communiquer davantage sur les types d’emploi qu’elles recherchent, sur leurs collaborateurs et sur leur culture. L’objectif est ainsi de développer une marque employeur forte et sincère, ce qui aura un impact positif sur son turnover et ses coûts de recrutement.

Nous souhaitons aussi améliorer l’expérience de navigation des candidats sur Internet – chercher un emploi et postuler en ligne étant trop souvent vécu comme un calvaire. Nous voulons rendre la recherche d’emploi plus qualitative, plus ludique et plus efficace, en permettant, par exemple, de postuler en un clic via son profil Linkedin.

Comment est née votre startup ?

Notre start-up Welcome jobs part du principe que les candidats recherchent aujourd’hui plus qu’un descriptif de poste au contenu rébarbatif et austère. Ils veulent en effet trouver un emploi qui répond à leurs aspirations. Si nous sommes deux fondateurs aux parcours très différents, nous partageons cependant l’envie de mettre en avant de belles sociétés – certes moins connues que des grands groupes –, qui souffrent d’un manque de notoriété et de visibilité mais qui peuvent apporter beaucoup à leurs futurs employés.

Que proposez-vous pour améliorer le processus de recrutement du côté des salariés et des recruteurs ?

Pour les candidats, nous offrons un accès privilégié à l’entreprise et à certaines informations clés : ambiance, environnement de travail, profil des collaborateurs, taux de turnover, parité hommes/femmes… Ces détails sont en réalité fondamentaux pour postuler en toute connaissance de cause. Nous fonctionnons à l’inverse de la tendance actuelle du marché qui consacre l’utilisation d’algorithmes de matching – calculs informatiques réunissant des profils compatibles – pour permettre la rencontre entre employeurs et salariés. Nous croyons encore au choix humain.

En ce qui concernent les recruteurs, nous proposons un outil de sourcing complémentaire – analyse de profils à partir de données compilées sur les réseaux sociaux, les blogs ou sur la toile en général – qui constitue un investissement à long terme pour leur marque employeur. Notre site est dédié uniquement aux petites et moyennes entreprises, car elles représentent 60 % des emplois en France (en 2013) et méritent d’être mises en valeur. Nous souhaitons les aider à travailleur leur notoriété auprès de populations de candidats auxquelles elles n’ont pas forcément accès, en particulier les personnes entre 20 et 30 ans.

Que vous reste-il à faire pour développer votre service ?

Notre priorité actuelle est la facilité de navigation pour pouvoir avoir accès rapidement aux informations sur les sociétés et postuler en un clic. Nous continuons donc nos efforts sur l’ergonomie et le design pour offrir une expérience très différente de ce que peuvent connaître des candidats sur des sites de recrutement plus classiques. Dans le cadre de notre lancement prévu début décembre, une vingtaine de sociétés sont selectionnées.

Quel est votre modèle économique ?

Les entreprises ont accès au site en souscrivant un abonnement annuel, comprenant la création du contenu et la possibilité de mettre en ligne autant d’offres d’emploi qu’elles souhaitent. Le coût de cet abonnement varie en fonction de la taille de la société.

 
Jérémy Clédat 

Crédits photo : The Office

 

 

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