Dernière ligne droite pour le Stück, la monnaie locale strasbourgeoise

Dernière ligne droite pour le Stück, la monnaie locale strasbourgeoise

Chaque semaine, la rédaction de Socialter met à l'honneur un projet innovant financé par la foule. Aujourd'hui, la mise en place d'une monnaie locale par et pour les Strasbourgeois. Avec le Stück, l'ambition est de relocaliser l'économie et redonner du sens aux transactions.

Le Stück vient de passer par la case crowdfunding. Il manque encore quelques milliers d'euros pour atteindre l'objectif de 10 000 € pour voir la concrétisation de cette monnaie locale complémentaire. La priorité est donnée à l’impression de 12 000 premiers billets et à la réalisation du design. Pensées par les associations Eco-Quartier Strasbourg et Colibri 67, cette nouvelle devise a pour objectif de devenir la monnaie locale complémentaire (MLC) de référence pour Strasbourg et sa région. 

Mais une MLC, c’est quoi au juste ? En France, il en existe déja une vingtaine environ dont l’Eusko au Pays Basque, la Sardine à Concarneau-Quimper, le Sol-violette à Toulouse. Reconnue par l’État, une devise locale est une alternative viable à l’euro. Circulant généralement sous la forme de billets, une monnaie locale a pour principe de stimuler l’économie d’une ville ou d’une région car elle engage les citoyens à dépenser ces coupures chez les commerçants, entreprises, associations ou moyens de transport qui adhèrent à cette démarche. De plus, elle fédère les habitants autour de plusieurs convictions, souvent de solidarité.  

Autre avantage et non des moindres, la communauté garde le contrôle sur les flux de sa monnaie, s’opposant ainsi à la spéculation. Cécile Favé, chargée de mission du projet pour Eco-Quartier, explique à Rue89 Strasbourg : « Quand on sait qu’il n’y a que 3 % d’économie réelle pour 97 % de spéculation sur les marchés financiers avec l’euro, on a envie de participer un peu et d’évoquer quelques pistes de solutions ». Le dernier effet à caractère positif et social : on peut déposer des euros convertis en Stücks sur des livrets éthiques et solidaires.

La Choucroute, le Parlement européen … et le Stück

Grâce au Stück (prononcez chtuk), les particuliers peuvent acheter leur baguette chez le boulanger de la ville qui utilisera à son tour les billets chez un autre commerçant de proximité. Pour se fournir en Stück, il suffit de se rendre aux comptoirs d’échange chapeautés par les associations responsables. Quant à sa valeur, le Stück est indexé sur l’euro : un euro équivaut à un Stück. Autre caractéristique importante : les acteurs économiques participants doivent signer une charte – qui prône des valeurs sociales, solidaires, équitables et environnementales, chères aux fondateurs de la devise.

Strasbourg prévoit d'officialiser cette monnaie dès le premier trimestre 2015, après avoir travaillé en collaboration avec des partenaires publics et privés depuis juin 2012.

La ville et la région Alsace ont versé 2 000 € chacune. On compte également sur le soutien du Fonds social européen (17 000 € environ) et de l’Ademe. D’autres sources de financements doivent encore être trouvées afin de payer une équipe de permanents chargés de piloter la mise en circulation de la monnaie. Grâce à ses rapports priviliégiés et sa proximité avec l’Allemagne, Strasbourg pourrait être à l’origine d’une monnaie locale complémentaire à cheval sur deux pays, une première dans l’histoire de ce type de devise.

Crédits photo : Le Stück

Abonnez vous !
Où trouver SOCIALTER en kiosque ?

TOP 5 stories

  • [Tribune] Philippe Bihouix : Start-up nation ? Non, low-tech nation !

    [Tribune] Philippe Bihouix : Start-up nation ? Non, low-tech nation !

    Low-tech : avouons que le terme n’est pas, de prime abord, (...)
    >
  • La Fresque du Climat : des cartes pour comprendre le dérèglement climatique

    La Fresque du Climat : des cartes pour comprendre le dérèglement climatique

    Savez vous ce qu’est le permafrost ou le forçage (...)
    >
  • Fashion Green Days : la mode éthique et écolo s'est réunie à Roubaix

    Fashion Green Days : la mode éthique et écolo s'est réunie à Roubaix

    Chaque année, le secteur du textile émet 1,2 (...)
    >
  • Le World Impact Summit, un festival pour trouver des solutions à la crise climatique

    Le World Impact Summit, un festival pour trouver des solutions à la crise climatique

    Comment est né le World Impact Summit et quelle est sa vision (...)
    >
  • Burn out, bore out, brown out : faut-il médicaliser les craquages professionnels ?

    Burn out, bore out, brown out : faut-il médicaliser les craquages professionnels ?

    La souffrance au travail, nouveau « mal du (...)
    >

TOP 5 contribution

  • [Tribune] Philippe Bihouix : contre l'ouverture de mines de terres rares en France

    [Tribune] Philippe Bihouix : contre l'ouverture de mines de terres rares en France

    Nous pensions entrer dans une ère heureuse de (...)
    >
  • "Nous voulons des coquelicots": une pétition contre les pesticides

    NOUS VOULONS DES COQUELICOTS Appel des 100 pour l’interdiction (...)
    >
  • La France bientôt championne de la vente en vrac ?

    La France bientôt championne de la vente en vrac ?

    La France est aujourd’hui le pays le plus (...)
    >
  • Et si comme la Pop culture, l'économie sociale et solidaire devenait mainstream?

    Et si comme la Pop culture, l'économie sociale et solidaire devenait mainstream?

    Un peu de fraîcheur en guise de "starter" : qu'est-ce que la (...)
    >
  • Bastien et Hugues Sibille :

    Bastien et Hugues Sibille : "Vive l'entreprise ESS libérée !"

    Ne faisons pas que la remise du rapport « L’ (...)
    >