Portraits d'« Invisibles » : le quotidien du personnel de nettoyage

Portraits d'« Invisibles » : le quotidien du personnel de nettoyage

Rendus soudainement visibles, certaines personnes aux métiers en temps normal dépréciés et précaires, sont aujourd'hui applaudies. Caroline Delboy réalisatrice de la série de portraits photo et audio « Invisibles », donne la parole aux individus en première ligne de la crise. Nous vous partageons autour le quotidien des agents de nettoyage.

[INVISIBLES #4] - Personnel d'entretien de Caroline Delboy sur Vimeo.


Esham est agent d’entretien et travaille dans un centre de détention.

« On ne fait pas seulement le ménage, on s'occupe des chambres des personnes sans papier et on leur prépare leur repas. »

« Nous sommes exposés tous les jours au virus. Il nous arrive de travailler sans masque et sans gant, mais contrairement à d'autres métiers, nous avons toujours été exposés : à la gale, à la tuberculose... »

« On est maltraités, on subit du harcèlement moral de nos supérieurs. » 

« Lorsque la prime de 1 000 euros a été évoquée par le gouvernement a instauré, mon chef m’a dit : ce n’est pas la priorité du groupe. »

« Le métier du nettoyage se dégrade. J’ai l’impression d’étre interchangeable. Je ne pense pas que je vais continuer ce travail... cet esclavage moderne. »
 
Sophia est agente de nettoyage dans un centre commercial à Paris. 
 
« Le ménage est un travail physique. Il faut courir partout pour nettoyer. »

« J’ai peur comme tout le monde de la maladie. Je pense qu’il faut se protéger, même si moi je ne le fais pas car je suis asthmatique et j’ai du mal à respirer avec le masque. »

« Je travaille 16 heures par jour et je ne compte pas le temps que je perds sur la route. Je me lève à 2h30 du matin car je travaille aussi dans une pharmacie, je termine ma journée à 11h et je pars directement au centre commercial. »

« Je n’ai pas honte de dire que je suis femme de ménage. Je suis fière car tout le monde en a besoin. Bien que les gens au dessus de nous ne donnent pas d’importance aux tâches que nous réalisons. »

Murielle gère un personnel de nettoyage d’environ 50 personnes pour une agence bancaire sur 11 sites. 
« On doit réaliser ces tâches car les collaborateurs des agences bancaires sont encore présents sur ces sites. »

« Les entreprises de nettoyage doivent pouvoir travailler pour désinfecter des zones infectées par des gens qui sont porteurs du covid-19. »

« Bien sur que mes équipes s’exposent plus. Nous avons fait en sorte de fournir du matériel pour qu’ils puissent rentrer chez eux dans des bonnes conditions. »

« Les sociétés de nettoyage ont modifié leurs horaires, le travail s'effectue désormais dans la journée. Nous ne sommes plus dans la situation où les employés sont complètement invisibles car ils ne travaillent que le matin ou que le soir : ils travaillent désormais en présence des collaborateurs. Cela permet à ces derniers de mettre un nom et un visage sur les personnes qui nettoient leur bureau. »

« Les gens ne se rendent pas compte que les agents ne nettoyage participent au ralentissement de la propagation du virus, à part quand ils sont directement confronté à la présence de quelqu’un. »
Abonnez vous !
Où trouver SOCIALTER en kiosque ?

TOP 5 stories

  • Le retour d'un Etat tout puissant est-il souhaitable pour les territoires et les cultures ?

    Le retour d'un Etat tout puissant est-il souhaitable pour les territoires et les cultures ?

    Si pendant quelques décennies, les politiques publiques se (...)
    >
  • Le numéro 40 de Socialter sort en kiosques le juin ! Sommaire

    Le numéro 40 de Socialter sort en kiosques le juin ! Sommaire

    Tourisme : année zéro DOSSIER    Le (...)
    >
  • Décroissance aéronautique : ne pas céder aux sirènes de l'éco-kérosène

    Décroissance aéronautique : ne pas céder aux sirènes de l'éco-kérosène

    Ces dernières semaines se déverse une pluie de  (...)
    >
  • Municipales : le grand verdissement

    Municipales : le grand verdissement

    Les étoiles de l’écologie se seraient-elles (...)
    >

TOP 5 contribution

  • [Tribune] Start-up nation ? Non, low-tech nation !

    [Tribune] Start-up nation ? Non, low-tech nation !

    Low-tech : avouons que le terme n’est pas, de prime (...)
    >
  • Les destins croisés de l?entreprise à mission et de l?entreprise libérée?

    Les destins croisés de l?entreprise à mission et de l?entreprise libérée?

    Deux mouvements de fond sont à l’œuvre pour (...)
    >
  • « Pour en finir avec l?impuissance, développons ensemble une fabrique des transitions territoriales »

    « Pour en finir avec l?impuissance, développons ensemble une fabrique des transitions territoriales »

    Le Covid 19  sonne le glas du modèle actuel de (...)
    >
  • Rien ne motive le confinement de la nature

    Rien ne motive le confinement de la nature

    Le confinement des parcs, squares, jardins, espaces verts et (...)
    >
  • Covid-19 : quel lien avec biodiversité ?

    Covid-19 : quel lien avec biodiversité ?

    Un article à retrouver sur The Conversation : Le monde (...)
    >