La Tricyclerie : récolter ce que l?on sème

La Tricyclerie : récolter ce que l?on sème

Depuis 2015, Coline Billon, fondatrice de la Tricyclerie, arpente les rues nantaises pour collecter les biodéchets des restaurants, entreprises et magasins. Récompensée par le Prix Terre de Femme 2017 et finaliste du concours ?Young champions of the earth? organisé par l?ONU la même année, le projet s?exporte aujourd?hui à une autre échelle.

L’or noir

 

Chaque année, les salariés et les bénévoles de l’association collectent entre 2 et 3 tonnes d’épluchures. Ces déchets organiques sont récupérés deux fois par semaine auprès des membres du réseau regroupant une trentaine de restaurants, une dizaine d’entreprises, deux épiceries et une jardinerie. Pour n’avoir aucun impact sur l’environnement, c’est en vélo-remorque que la collecte s’organise, pour donner le dernier coup de pédale de l’assiette à la terre. Ces biodéchets sont ensuite mis en compost et se transforment en fertilisant pour les sols dont bénéficient une vingtaine de jardins partagés et des maraîchers. Il y a un mois, ils ont obtenu l’autorisation de commercialiser ce compost — autorisation dépendant des normes européennes*.

 

De Nantes à l’ONU

 

Récompensé en 2017 par le prix Terre de Femme 2017 (Fondation Yves Rocher) et finaliste du concours “Young champions of the earth” organisé par l’ONU la même année. Ce concours récompense des porteurs de projets de 18 à 30 ans, oeuvrant pour la protection de l’environnement. Depuis, la Tricyclerie a gagné en crédibilité au niveau local mais aussi national voire international.

 

Malgré cette reconnaissance, Coline tient à pousser un coup de gueule : nous sommes considérés comme indispensable sur le territoire et pourtant, nous n’avons pas l’appui de la métropole nantaise, même si on participe à la gestion des déchets de la ville.

 

La Tricyclerie s’exporte

 

Nantes n’est pas la seule ville à convaincre. L’équipe réalise un travail d’accompagnement sur d’autres territoires comme à Saint Leu, sur l’île de la Réunion. Car si 40 % de l’île est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, la gestion des déchets sur ce territoire reste un problème d’ampleur considérable. À l’heure actuelle, les deux sites d’enfouissements sont arrivés à saturation.

 

La “Tricyclerie Peï” représente donc une solution alternative et complémentaire aux systèmes d’incinérations imaginés par l’île. Lancé par des habitants, il s’agit actuellement du “projet le plus abouti” comme l’atteste Coline : ils ont lancé une campagne de financement participatif jusqu’au 8 juin. Ces dons leur pemettront d’acheter du matériel”.

 

De nouvelles villes comme Strasbourg, Rennes, Laval ou Lyon devraient voir également inaugurer leur Tricyclerie d’ici peu…

 

*Norme NFU 44051 délivrée par l’AFNOR


 

 

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