Des étudiants explorant la technologie pour le bien commun

Des étudiants explorant la technologie pour le bien commun

Depuis leur soirée de lancement, les Tech for Good Explorers se sont mis au travail. Ces étudiants ingénieurs ou informaticiens se consacrent une fois par semaine à la résolution d?un défi numérique pour une organisation d?intérêt général. Rencontre avec le co-fondateur de l?association et ses étudiants.

La définition du Tech for Good selon Augustin Courtier, fondateur de l’association Latitudes : “l’envie de mélanger les nouvelles technologies, et notamment les technologies de pointe, avec toute la thématique qui touche au bien commun”. L’association recueille donc les besoins technologiques de structures au service de l’intérêt général puis les propose à des étudiants ingénieurs ou informaticiens dans le cadre de leurs cursus.

Pour Nicolas Piffeteau, employé par l’association Phénix, recevoir le travail d’étudiants sur du développement informatique est un précieux apport: “en terme d’analyse de données, on sait qu’on a de l’or entre les mains mais on a pas le temps de le valoriser”. Une opinion partagée par Paul Pacheco, chargé des aspects informatique de la start-up : “aujourd’hui dans l’IT on a plus de projets que de temps. En interne, les fonctionnalités de base sont prioritaires, on laisse trainer des sujets très importants”.

Mickaïl Khadhar et Maxime Tournadre, étudiants en 4ème année en Système d'Information à l’ESIEA, font partie du groupe de 4 étudiants qui vont analyser cette mine de donnée pour Phénix. Ils ont pour mission d’optimiser le système de données de l’association afin en appliquant des techniques de big data afin d’obtenir une analyse en temps réel du gaspillage alimentaire au niveau d’un magasin précis, d’une région et du pays.

Les projets comme celui-ci sont sélectionnés par Latitudes pour leur dimension pédagogique et parce qu’ils permettent aux étudiants de monter en compétence sur les sujets techniques pour pouvoir les faire valider par l’école”, selon Augustin Courtier. Le groupe d’étudiants qui va travailler avec Phénix au cours des six prochains espère apprendre par la pratique mais également la mise à disposition d’un réseau de mentors qui ont entre une et dix années d’expérience professionnelle. Une montée en compétence valorisée par la start-up qui ne cache pas l’embauche possible à la fin de tels projets.

 

 

Du défi technologique au défi social

Latitudes espère entamer une réflexion plus profonde chez les étudiants sur l’utilisation de leurs compétences. Pour Augustin Courtier, “c’est un travail de faire prendre conscience aux étudiants qu’un défi social se cache souvent derrière un défi technologique.”  Pour cela, l’association mobilise les structures d’accueil des élèves en leur demandant de prendre du temps pour expliquer la mission de l’association mais aussi l’impact espéré du projet lui-même. “Phénix produit chaque jour 30 000 équivalents repas de 750g. Ce qui nous met de bonne humeur c’est l’impact sociétal qu’on espère engendrer qui va être l’amélioration de la redistribution des invendus et donc limiter le gaspillage alimentaire.”

 

Vers un impact social profondément intégré aux études d’ingénieur?

À la demande des étudiants s’ajoute celle des structures comme Phénix qui apprécient le regard neuf des étudiants sur ce genre de projets. Au-delà de l’accumulation de projets dans différentes écoles, l’ambition de l’association Latitudes est de quitter les modules de projets pour devenir une partie intégrante des cursus d’ingénieurs au niveau national. “Il y a 200 écoles d’ingénieurs et d’informatique en France, on aimerait en toucher une vingtaine pour que même les étudiants qui ne sont pas dans les écoles qui participent au programme connaissent l’initiative et se posent la question de quoi faire dans leur école.” Cela s’inscrit dans un mouvement de fond des écoles qui réinventent leurs cursus et tentent d’intégrer l’impact social et environnemental recherché par les étudiants.   

 

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