Ecocircular, le tour du monde en 180 déchets de trois étudiants

Ecocircular, le tour du monde en 180 déchets de trois étudiants

Anne-Laure, Léonard et Gaëtane, trois étudiants, vont passer une année à la rencontre d?entreprises de l?économie circulaire à travers le monde. Leur objectif: relier des projets innovants à de grands groupes, les aider à se développer et informer le plus grand nombre sur cette nouvelle économie qui voit chaque déchet comme une ressource.

Alors que l’économie dite linéaire (extraire, fabriquer, utiliser, jeter) semble à bout de souffle, des projets innovants se développent aux quatres coins du monde pour changer notre façon de produire et de consommer. Néanmoins, ils manquent de visibilité pour essaimer, un problème que des tours du monde d’un nouveau genre, tel Ecocircular, veulent aider à remédier.

Alors qu’ils cherchaient à mettre en place un projet personnel, international et avec un impact social et environnemental à la clef, Anne-Laure, Léonard et Gaëtane découvrent l’économie circulaire, sa philosophie et son foisonnement d’initiatives publiques comme privées. Ces trois étudiants en école de commerce s’inspirent de Circul’R, un réseau d’entreprises issues de l’économie circulaire qui recherchent des jeunes voyageurs pour rencontrer de nouvelles entreprises sociales et ainsi faire vivre et grandir le réseau: le projet Ecocircular naît en octobre 2016.

 

Depuis 1 an, les trois étudiants organisent un voyage dans 10 pays pour aller à la rencontre de 70 initiatives, du micro-projet à la moyenne entreprise. Repérées grâce à des réseaux partenaires; MakeSense, Ashoka, Circul’R et leurs réseaux d’école, ces initiatives appartiennent à l’un des 4 focus thématiques en fonction de leurs impacts sociaux et environnementaux: le BTP, le textile, l’énergie et l’agro-alimentaire. Pour rappel, 10 millions de tonnes de nourriture n’arrivent pas dans les assiettes françaises par an pour cause de gaspillage à différentes étapes de l’agroalimentaire. Tous produits alimentaires confondus, cela représente 18% de pertes et gaspillages. Leur voyage commence cette semaine en Asie où les tensions sur les ressources sont importantes, puis ils se concentreront sur l’impact de la tech en Amérique du Nord et enfin observeront les bonnes pratiques des pays du Nord qui ont été pionniers dans ce domaine. Comme par exemple dès les années 1970 à Kalundborg, un petit groupe d’entreprises et la collectivité  ont relié leurs utilisation d’eau, d’énergie et leur production de déchets. Au-delà d’un engagement historique, le Danemark continue d’innover dans l’économie circulaire avec au cours des 5 dernières années, une réduction d’environ 25 % de son gaspillage alimentaire, selon le Conseil Danois pour l’Agriculture et les Produits Alimentaires.

 

En Inde, ils vont notamment passer une semaine avec Oorja. Cette entreprise fondée en 2015 se concentre sur le manque d’accès à une énergie fiable, accessible et propre. Oorja produit donc de l’énergie à partir de déchets agricoles recyclés et de panneaux solaires qui est ensuite vendue à des entreprises rurales, des institutions publiques et des foyers à faible revenus. Présent à la soirée de lancement de la campagne de crowdfunding d’EcoCircular, le cofondateur de Oorja, Amit Saraogi, est enthousiaste à l’idée de recevoir les trois étudiants. Cette rencontre est à ses yeux donnant-donnant : les voyageurs apportent des connaissances par la formation académique des voyageurs et en retour découvrent des projets réels sur le terrain. Cet échange leur permet ensuite de disséminer ce savoir et pour les entreprises de l’économie circulaire de bénéficier d’un effet multiplicateur. Au-delà de la dissémination de bonnes pratiques en reliant les initiatives ensemble, les trois voyageurs espèrent créer un pont avec leurs entreprises partenaires (Valdelia, EDF, Amundi, GRTgaz, Lafarge).

 

 

Les tours du monde solidaires : la nouvelle route 66?

 

Lors d’une soirée de lancement au sensespace à quelques jours de leur départ, Anne-Laure, Léonard et Gaëtane livrent leurs secrets de préparation pour un tour du monde engagé. Ils insistent sur l’importance du choix des compagnons de voyage, de la vision commune, du nom de l’association, et de la charte graphique. Sur la recherche de fonds, ils présentent les options variées : économies, entreprises, bourses, subventions et crowdfunding. Enfin ils conseillent de faire fonctionner les réseaux d’écoles de commerce et d’être présents aux événements ou conférences sur le thème du voyage pour s’introduire. Ils présentent également leur campagne de crowdfunding qui est arrivé à 50% (2 520 €)  en une semaine.

 

Le co-fondateur de Oorja, déclare être toujours ravi d’ouvrir les portes de son organisation aux personnes intéressées. Amit Saraogi remarque que c’est “une chose très française que d’organiser un tour du monde pour rencontrer des entrepreneurs”. Une analyse sur laquelle MakeSense semble s’appuyer : l’association elle-même issue d’un tour du monde des entrepreneurs sociaux vient de lancer les SenseTours, un site qui propose des informations et un réseau de projet pour les jeunes et moins jeunes intéressés par aller découvrir de nouvelles pratiques. Ces road trips engagés seraient-ils une nouvelle façon pour chacun de donner un sens à un voyage?

 

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