A la Maker faire, des liens se tissent entre bricolos créatifs et grandes entreprises

A la Maker faire, des liens se tissent entre bricolos créatifs et grandes entreprises

Et si le mouvement du do it yourself révolutionnait la grande distribution? La Maker Faire s?est installée à La Villette du 9 au 11 juin pour trois jours de rencontres. L?occasion de s?attarder sur ce mode de consommation, qui n?est pas qu?une façon de faire des économies ou de tromper l?ennui.

Cosmétiques, produits d’entretiens, lampes, étagères… les Makers fabriquent eux-mêmes les objets qu’ils utilisent au quotidien. Progressivement, une véritable communauté s’est construite pour promouvoir une consommation plus responsable, et avoir un large impact sur la société, l’environnement et l’économie.

On compte désormais 350 fab labs en France, “alors qu’il n’en existait qu’une dizaine il y a un an”, souligne Hortense Sauvard, fondatrice de la plateforme Oui Are Makers qui compte 18.000 membres. Le développement de ces ateliers dédiés à la fabrique d’objets en tous genres est représentatif du succès des makers auprès du grand public. En témoigne la multiplication des Maker Faires qui rassemblent la communauté de bricoleurs amateurs: 240 foires sont régulièrement organisées dans 38 pays différents.

L’objectif majeur de la Maker Faire est de démocratiser le mouvement des Makers. Plus ils sont nombreux, plus ils échangent, et plus le mouvement est créatif. Ses adeptes sont souvent jeunes, puisque 60% d’entre eux ont moins de 34 ans et placent le partage au cœur de leur démarche.

 
L’économie circulaire au coeur du mouvement

Les makers sont animés par l’envie de «proposer une alternative à la société de surconsommation », affirme Hortense Sauvard. De la fabrication d’un cadre de lit à celle des décorations de noël, tous les domaines de la vie quotidienne sont investis par ce mouvement.

Au-delà de l’aspect ludique et satisfaisant de la création, c’est une façon de promouvoir une consommation responsable à travers l’économie circulaire. Transformer un snowboard usagé en étagère, ou utiliser de vieilles cassettes pour fabriquer une lampe, c’est faire du neuf avec du vieux, et réduire la quantité de ressources consommées. Les makers se fondent sur la pratique de l’upcycling, moins énergivore que le procédé de recyclage des matières.

 

Une communauté qui intéresse les marques

Pour la fondatrice de Oui Are Makers, les grandes marques ont tout intérêt à s’efforcer d’intégrer les conso-makers dans leur stratégie de développement.  «À partir du moment où un individu peut fabriquer ou réparer lui-même un objet, cela change profondément le rapport entre les marques et le consommateur », souligne-t-elle. Pour les entreprises, il s’agit de prévenir la perte de clients qui ne se reconnaîtraient plus dans la logique de surconsommation. Au-delà de cela, les makers et leur créativité représentent un important potentiel de recherche & développement pour les marques. C’est d’ailleurs l’objet du challenge “Maker factory” organisé par Oui Are Makers, qui propose aux gagnants de commercialiser leurs prototypes chez Boulanger ou Electro Dépôt. L’émulation entre makers créée par ce concous est ainsi une façon de stimuler l’innovation.

De leur côté, les makers sont aussi conscients d’avoir besoin des grandes marques,  relève Hortense Sauvard. Leroy Merlin l’a bien compris en organisant des “Techshop” à Paris et à Lille dans lesquels outils et accompagnateurs sont mis à disposition des participants. Il est en effet nécessaire de s’appuyer sur les moyens logistiques et matériels de ces enseignes pour se développer et organiser des évènements. Du donnant-donnant, en somme.


Crédits photos: Oui Are Makers 

 

 

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